David Hoffmann

 

(1541-1606)

 

 

DU MEME AUTEUR

 

 


L’Espace,                                               Editions d’Assailly, 1974, 1978, 2007

 

L’Esprit,                                                Editions d’Assailly, 1976, 2007

 

La Grande Forge,                                  Editions d’Assailly, 1981

 

Strasbourg,1815                                  Editions d’Assailly, 2013

 

Les mystères du Linceul de Turin,       Editions d’Assailly, 2013, 2016




 

Christian Sütterlin

 

 

 

 

 

 

 

David Hoffmann

 

 

(1541-1606)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© Editions d'Assailly, 2012 et 2016 pour les mises à jour.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

ISBN 9782902425181

© Editions d'Assailly, 2012,2016

 

 

Ce livre, destiné à un usage familial, ne peut être commercialisé sous quelque forme que ce soit. En particulier, l’iconographie est couverte par des copyrights et ne peut être utilisée qu’à des fins personnelles.


 

 


Les problèmes de la généalogie de David Hoffmann.

 

 

L

 
 

 


     a seule généalogie des Hoffmann de Haguenau publiée est celle de l’abbé M. Burg qui fut le Curé de Saint Georges dans cette même ville. Elle est reprise par un arbre généalogique, tracé probablement par Marie Sütterlin. Un texte dactylographié, relatif à la famille Revel, apporte quelques précisions par rapport au texte de l’abbé Burg.

 

L’important article sur les Hoffmann de Haguenau, dans les études haguenoviennes de 1957, renvoie à la généalogie de l’abbé Burg. Ce document est résumé dans l’aperçu des descendants de David Hoffmann.

 

Ces documents ne donnent aucune information sur l’origine même de David Hoffmann. Or, elle pose un certain nombre de questions. La descendance directe est très succinctement présentée et pose également un problème délicat comme nous allons le voir.

 

LES CHARGES, « officia » en latin.

 

David Hoffmann aurait été chambellan des princes de Bade. Ce titre ne correspond à aucune des fonctions existant alors dans cet État du Saint-Empire Romain Germanique.

 

Les premiers actes consultés sur Internet montrent qu’il était, en réalité, membre de la diète de Bade, Secrétaire d’État de Bade et membre du conseil du margrave Philipp de Bade.

 

Les États du Saint-Empire avaient chacun une diète (Rat). Ils envoyaient des représentants à la diète impériale (Reichtag). Ils avaient également un Chancelier (Kanzler) en charge des relations avec les autres États de l’Empire. Les relations avec les autres Nations étaient de la responsabilité des archi-chanceliers impériaux (Reich Kanzler) qui étaient obligatoirement les princes-évêques et Electeurs de Mayence, Cologne et Trêves. Le Secrétaire d’État était en charge de l’Intérieur et des finances. Il y avait aussi un Garde des sceaux (Siegelbewahrer) en charge de la justice, lorsque cette fonction ne relevait pas directement du Secrétaire d’État comme en Bade.

 

De telles fonctions exigeaient un doctorat en droit d’une des grandes universités comme Heidelberg, Jena ou Tübingen. Le nec plus ultra était une confirmation de doctorat par l’Université de Padoue en Italie. Cette Université avait supplanté celle de Venise en raison des fréquentes épidémies de peste dans ce port. C’était la règle dans tout le Saint-Empire. Les diplômes étaient là une nécessité que la faveur ne pouvait éviter.

 

Outre le coût très élevé de ces études, les premières recherches sur Internet ont mis à jour un grand nombre d’actes d’achat par David Hoffmann de fiefs, châteaux et vignobles représentant des sommes considérables, outre les sommes avancées au cours des années au margrave de Bade, au train de vie quasi impérial. David Hoffmann était fort riche. Il a figuré plusieurs années durant parmi les plus gros imposés de Frankfort, déjà capitale économique et financière de l’Allemagne.

 

Une fortune aussi considérable ne pouvait pas rester sans traces. Il faut ajouter à cela que des fonctions officielles étaient formalisées par des actes. C’était le cas depuis les Romains. Cette pratique n’a jamais cessé comme l’a montré le remarquable ouvrage du professeur Karl Ferdinand Werner, et contrairement aux thèses de la disparition du cadre juridique de l’Empire romain lors des invasions. Le Moyen Âge n’a, en aucune manière, été une période obscure, malgré ses drames, le lot de l’humanité. Ceux du XXe nous pèsent encore ! Du point de vue de l’esprit, un seul nom, Scot Érigène (810-886), suffit pour rappeler la hauteur alors atteinte. Là encore, le XXe siècle nous plombe, et le précédent tout autant !

 

LA NOBLESSE, « senatorii aristocratia » en latin.

 

David Hoffmann aurait été investi du fief de Staufenberg. Ce genre d’investiture n’existait plus depuis des siècles.

 

Dès le Xe siècle, les fiefs pouvaient être acquis sans réserve d’état. La plupart du temps, l’acquéreur n’était pas noble, mais suffisamment riche. L’acquisition faisait systématiquement l’objet d’un acte du seigneur dont relevait le fief acquis. Cet acte était indispensable pour justifier des privilèges féodaux attachés au fief. Quelques fiefs dépendaient directement de l’empereur lui-même comme le Ban de la Roche en Alsace. Bien sûr, tous les États, comme le marquisat de Bade et le comté de Salm, étaient des fiefs impériaux, mais alloués à des princes régnants. Ces princes avaient acquis dès cette époque le droit de sous-allouer, en quelque sorte, des fiefs de leur ressort.

 

Dès le Xe siècle également, les fiefs sont devenus héréditaires. C’était déjà la règle pour les États depuis les empereurs romains d’Orient de Constantinople, auparavant élus.

 

La plupart des fiefs acquis par David Hoffmann relevaient du margrave de Bade, mais surtout, ils lui appartenaient en propre. Il les vendait pour agrandir ses châteaux et soutenir son train de vie.

 

Les fiefs nobles, portant des droits féodaux, étaient répertoriés dans le Saint-Empire dans un document, appelé « la matricule », le « nummer Lehen ».

 

Les lettres d’anoblissement de David Hoffmann ne comportent évidemment pas de fief. Il en est de même pour toutes les lettres d’anoblissement. Les lettres de noblesse impériale, consultables, par exemple, dans la Documenta Rudolphina des archives de Vienne, ne confèrent jamais de fiefs. C’est le cas, par exemple, des lettres de Hans Pramhofer, Secrétaire d’État de la Chancellerie impériale à Prague ou de celles de Jakob Schreitter en 1585. Ces lettres sont très voisines de celles de David Hoffmann (voir page ci-contre).

 

Par contre, le détenteur d’un fief pouvait se faire désigner dans les lettres d’anoblissement sous son nom suivit du nom du fief. À l’époque de David Hoffmann, on utilisait déjà le plus souvent la particule « von ». Une telle désignation s’accompagnait de la particule « zu » dans les actes des siècles précédents. À titre d’exemple, ce fut le cas d’une famille Hoffmann en Styrie, anoblie vers 1495 sous le nom de Hoffmann zu Grünbuchel und Strechau. Par la suite, ayant acquis le fief de Steyr, ils se firent appeler en plus burggraf von Steyr. Le fait que les Hohenstaufen aient fait précédé leur nom de « von » dès le XIIe siècle, comme les Habsbourg d’ailleurs, pourrait amener à concevoir une autre origine du « zu ». Il pourrait s’agir seulement d’une question de vocabulaire régional antérieur au XIIe siècle ; le « zu » étant la particule dans les régions méridionales comme pour les célèbres zu Rhein. Au XVIIe siècle, l’usage du « von » s’étant généralisé, des familles ont ajouté « und zu » pour indiquer qu’elles étaient toujours en possession du lieu-dit mentionné dans les lettres, le cas échéant. 

 

L’anoblissement, dit graduel, était automatique, et sans lettres officielles, après trois générations dans les charges administratives et militaires. Les charges militaires ont été exclues en France au XVIIe siècle. La pratique s’est répandue, en France d’abord, à la fin du XVIIIe siècle, de conserver les noms des terres même revendues. C’est ainsi que l’on reconnaît les familles de noblesse récente au nombre de terres énumérées.

 

L’anoblissement pouvait être accordé, dès la première génération, à des roturiers pour des services notables dans l’Administration ou, très rarement, dans les Armées, pour cette simple raison que les officiers étaient déjà nobles. Dans leur cas, il s’agissait alors d’une élévation. L’anoblissement était alors dit  « immédiat ».

 

La noblesse de David Hoffmann est de nature immédiate, mais sans mention de fief ni de titre.

 

Jusqu’au XVIIe siècle, le seul titre de noblesse du Saint-Empire était baron « Freiherr », traduit du latin « liber baro », en français : homme libre.  Les titres de comte, « Graf », marquis, « Margrave » et naturellement duc et archiduc, « Herzog » et « Erzherzog », étaient réservés aux maisons régnantes comme les ducs d’Autriche, les Habsbourgs, les ducs de Bavière, les Wittelsbach, les marquis de Bade, les Zärhingen, et les comtes de Salm, les Salm. Ces dispositions ont évolué plus tard qu’en France.

 

Dès la fin du XVIIe, on a vu apparaître des comtes, puis des ducs et des princes à la fin du XVIIIe, en dehors des familles régnantes du Saint-Empire. On peut aussi préciser ici qu’en France, très peu de familles sont titrées par acte royal par rapport au nombre de familles de la noblesse. La plupart des anciennes familles existant encore sont de noblesse graduelle et sans titre. L’usage était de donner un titre de comte ou de marquis lors de sa présentation au roi, avec la tenue correspondante qui se louait, avec l’épée, dans les annexes du château de Versailles. Le titre était fonction de l’importance de la contribution au don annuel de la noblesse au roi. Ces titres, dits de complaisance, n’ont pu être portés publiquement que lors de la Restauration pour pallier les vexations qui résultaient des nombreux titres achetés au XVIIIe par des bourgeois enrichis et des titres impériaux créés par Napoléon Ier .

 

Les titres de Rodolphe II de Habsbourg portent la mention « duc de Bourgogne ». Les fonctionnaires de Louis XIV y virent une usurpation de titre, une violation du droit régalien et refusèrent l’état noble à leurs détenteurs alsaciens pour nullité de l’acte, contrairement aux stipu-lations du traité de Westphalie. La vraie raison était fiscale. La transmission à tous les descendants hommes et femmes entraînait un nombre considérable d’ayants droits, inacceptable à long terme.

 

Les armes que David Hoffmann a fait inscrire sur l’acte d’ano-blissement de 1588 par l’empereur Rodolphe II, n’ont été portées par aucune famille dont la trace est accessible sur Internet. Et il y a en énormément.

 

Les Allemands, comme les Suisses et les Espagnols, étaient très portés sur ce signe extérieur de notabilité qu’il faisait peindre ou sculpter sur leur maison. Au pays Basque, en Espagne comme en France, toutes les anciennes fermes portent des armes sculptées. Elles datent de la fin du XVIe et du XVIIe en général.

 

Ancien hôtel particulier des Hoffmann de Styrie.

 

 

Nous avons examiné les problèmes des fiefs, des titres et des armes, il convient de dire un mot des particules.

     

Le premier point est que la particule n’était en aucune manière, à l’époque, une marque de noblesse. À l’époque du haut Moyen Âge, il était d’usage de ne porter que des prénoms. Il était indispensable de préciser le lieu d’origine pour distinguer les personnes. Les exemples ne se comptent pas. Je citerai l’un des plus célèbres : saint Isidore de Séville, patron des informaticiens.

 

D’après le juriste Richard Schröder „Lehrbuch der deutschen Rechtsgeschichte“, les titres de noblesse, comme celui de David Hoffmann : „Somit hatte er das Recht, seine Eltern mit dem Adelsprädikat „von” zu benennen“, donne le droit de porter la particule de noblesse „von“. Cependant, il semble que cette règle soit postérieure au XVIe siècle. Nous verrons que Jean Küffer, gendre de David Hoffmann, a ajouté la particule à son nom à cette époque, sans avoir eu besoin d’un nouvel acte.

 

En l’an 1123, le pape Grégoire VII décréta l’obligation de porter un nom et imposa la transmission du nom du père à tous les enfants. À cette époque, la mode était de donner aux enfants des prénoms « troubadours » qui étaient en nombre limité. La situation était inextricable. Les généalogies qui peuvent remonter au-delà sont d’ailleurs extrêmement rares et sujettes à caution. La pratique du nom existait déjà dans certaines régions de droit latin, comme Venise. Les archives conservées permettent à quelques familles vénitiennes de remonter jusqu’au VIIIe siècle. Le décret papal fut confirmé par le 1er concile de Latran. La mise en application devait prendre près d’un siècle. À Bâle, par exemple, il ne fut appliqué qu’à partir de 1168. En France, la situation ne fut vraiment claire qu’après l’Ordonnance de Villers-Cotterêts, signée par François 1er en 1539, imposant la tenue de registres des baptêmes.

 

Pour la petite histoire, personne n’a osé demander aux rois de France de porter un nom. Capet n’était que le surnom d’Hugues « comes Parisii ». Le « comes », charge d’origine romaine, comte en français, était habituellement l’habitant le plus riche de la ville. Dante rapporte, dans la « Divina Commedia » (le Purgatoire Chant XX-52) en 1300, que le grand-père de cet Hugues était le « maître chef » « Figliuol fiu d’un beccaio di Parigi » de la confrérie de la Grande Boucherie, la plus riche, de très loin, des corporations de Paris. Ses descendants sont, aujourd’hui encore, les seules personnes en Europe à ne pas avoir de nom. L’actuel comte de Paris portait auparavant pour seule indication sur sa carte d’identité « comte de Clermont », au demeurant ce comte ne serait pas un descendant des capétiens selon la loi salique ! Napoléon III n’avait de même pas une goutte de sang Bonaparte dans les veines !

 

Au passage, on peut faire état d’une curieuse coïncidence. Les Habsbourg sont originaires d’Argovie, un canton suisse. Ils ont fait fortune dans le commerce des bœufs, comme les grandes familles de la Grèce antique. Ayant acquis quelques fiefs, ils ont imaginé une taxe sur les bœufs du ban, taxe qu’ils ont introduite par la suite dans tous leurs États.

 

Les anciennes familles vénitiennes, enrichies dans le négoce du sel, sont, de très loin, les plus anciennes familles nobles d’Europe. Quelques-unes peuvent remonter jusqu’en l’an 700, mais pas en ligne directe évidemment. Historiquement, la transmission masculine ne dépasse pas, en moyenne, trois générations. Les hommes meurent en moyenne beaucoup plus jeunes que les femmes, sans compter les guerres.

 

Malgré une croyance très répandue, la noblesse est d’abord administrative et son accès procède, à une écrasante majorité, de l’exercice de charges administratives. C’était un héritage direct de la lex romana. La noblesse romaine, les sénateurs, était de nature exclusivement administrative. Parmi ces charges, la plupart incluaient des responsabilités militaires, mais les sénateurs ne portaient que des armes d’apparat. Jules César, pas plus que Marc-Aurèle, Charlemagne, Charles Quint, François 1er ou Napoléon n’ont jamais combattu la lance ou le sabre à la main. Ce qui ne les empêchait pas de se faire représenter sur de fiers destriers, frappant l’ennemi. Le célèbre tableau de Charles Quint, la lance à la main, est même un peu ironique : on ne voit pas trace du moindre ennemi ! Les fils d’un anobli doivent obtenir un diplôme pour pouvoir reprendre la charge administrative du père et aller aux armées pour occuper leur jeunesse avant d’hériter.

 

Fichier:Codex Manesse Ulrich von Liechtenstein.jpgLa confusion vient d’une classe de la société romaine qui n’a jamais cessé d’exister jusqu’à la fin du Saint-Empire, les equii, ancêtres des mythiques chevaliers. La possession et l’entretien de chevaux exigent une certaine fortune. Les seules personnes riches de la société romaine capables d’accepter de dépenser des fortunes pour s’élever dans la société étaient les plébéiens, bientôt rejoints par les affranchis enrichis par leur fonction. Les equii étaient des plébéiens. Cette classe était un tremplin vers le sénatoriat, la noblesse romaine, par l’obtention de charges administratives subalternes comme les procurateurs dont un certain Ponce Pilate.

 

Dans le Saint-Empire, les Chevaliers d'Empire, « Reichsritter », ont existé jusqu’à sa dissolution de cet ordre par Napoléon.  Héritiers directs des equii romains, ils n’avaient pas les privilèges de la noblesse et n’étaient pas représentés à la diète, sauf en Bavière où ils avaient été assimilés à la noblesse comme en France, dès le XIVe siècle. Ils étaient mobilisables uniquement pour le service de l’empereur. Bien entendu, ils étaient exclusivement enrôlés dans la cavalerie. On estime qu’en 1540, 300 familles relevaient de cet ordre équestre, représentant près de 200 000 hommes qui n’étaient évidemment pas tous en état de combattre. Ils se révoltèrent à plusieurs reprises pour obtenir les droits de la noblesse, en particulier de 1521 à 1526. Cette grave révolte fut noyée dans le sang, principalement en Alsace, en Styrie et en Souabe. Comme ces chevaliers vivaient de leurs terres, la révolte fut appelée la Guerre des Paysans. Finalement, ceux qui pouvaient justifier d’une certaine fortune obtinrent d’être assimilés aux « freiherrn », les barons du Saint-Empire, à la fin du XVIIe siècle.

 

Fichier:Tapisserie cavaliers.JPGEn France, de la même manière, le chevalier « n'est pas issu de la noblesse », mais suffisamment fortuné pour payer les trois ou quatre chevaux nécessaires, l’armement et le personnel d’entretien. Il dépendait du seigneur titulaire des fiefs dont il avait en quel-que sorte l’usufruit. Ce seigneur était re-devable envers le roi d’un nombre de chevaliers, les «equii» et de fantassins, les « milites pedites », fixé par les chartes des fiefs. Les chevaliers français furent assi-milés à la noblesse au XIVe siècle. L’artil-lerie mit un terme au rôle des chevaliers au XVe siècle. La chevalerie a disparu, dès cette époque, pour devenir purement honorifique.

 

La transmission exclusive du nom du père est, en réalité, arbitraire. Elle n’existe pas en droit romain qui relevait de l’ordre « tribal » applicable aux « gens ». L’héritage se transmettait à la gens dont l’exemple la plus célèbre est la gens Julia la tribu impériale. Le chef de la gens, titulaire des biens, pouvait être un garçon adopté. De plus, cette règle n’a aucun rapport avec la loi salique qui ne s’appliqua qu’au XIVe et exclusivement à la succession royale. Même les Francs partageaient leurs biens à parts égales. D’ailleurs, la loi salique a été écrite sous Clovis, en latin, avec quelques passages en franc. Elle reprend le droit romain et quelques usages francs de droit oral. Les rédacteurs étaient des fonctionnaires, « officii », romains.

 

De cette règle, on a tiré au XIe siècle une notion totalement contraire au droit romain : le droit d’aînesse. Monsieur d'Espinay a écrit un essai très détaillé sur cette question. Les Romains partageaient tout entre tous les héritiers, hommes et femmes. Les Germains ne partageaient qu’entre les hommes. C’étaient des barbares ! Le droit d’aînesse est mentionné dans la Bible. Mais il était conditionné à la capacité d’exercice de la charge. Il ne s’appliquait évidemment qu’à la fonction de chef de tribu. L’objectif était d’éviter la dilution du pouvoir. Il ne concerne nullement les biens. Job partagea équitablement tous ses biens entre ses fils et ses filles. La parabole du fils prodigue montre bien que le partage de l’héritage se faisait certainement au moins entre les hommes. En Occident, on voit apparaître le droit d’aînesse au XIe siècle. Il ne s’appliquait qu’à la possession des fiefs féodaux et était destiné à préserver leur intégralité à une époque où la natalité augmentait grâce à un climat particulièrement doux. Le problème ne se posait d’ailleurs que lorsqu’il fallait partager un seul fief, ce que le suzerain avait intérêt à refuser pour ne pas se trouver en présence de plusieurs détenteurs. Mais en réalité, tous les enfants avaient une part d’héritage. Car, lorsqu’il n’y avait qu’un seul fief, l’aîné était déclaré suzerain et les puînés ses sujets, touchant ainsi leur part des revenus. Le même concile de Latran décida que cette divisibilité s’arrêtait à la quatrième génération, la parenté canonique. Le problème ne se posa plus par la suite à cause de la grande peste de 1347 à 1352, au début de la guerre de Cent Ans. La population de l’Europe avait été réduite d’un tiers. Ces règles devinrent à nouveau d’actualité à la Renaissance, vers 1500 en France.

 

Le droit d’aînesse n’était pas appliqué dans les régions de droit latin, l’ancienne Narbonnaise et l’Aquitaine. En Île-de-france, l’ensemble des fiefs féodaux du patrimoine était soumis à ce droit, à l’exclusion des autres biens, partagés à la romaine. En Anjou et en Touraine, les fiefs étaient indivisibles, mais pouvaient être distribués entre les héritiers. Enfin en Bretagne, le fils d'Henri II Plantagenêt imposa un droit d’aînesse total : l’aîné prenait tout. Aujourd’hui, en Angleterre comme au Canada et aux États-unis, le testateur peut tout donner à qui il veut, ou créer un trust, comme un certain Masson de Montréal qui n’autorisa le partage qu’à la troisième génération.

 

En Allemagne, l’ « Anerbenrecht », le droit d’aînesse sur les fiefs, était soumis également à des écarts entre États, mais la règle du « Realerbteilungsrecht », le partage réel était la règle de base, sauf pour les terres agricoles. Les grandes familles allemandes peuvent éviter les partages grâce à la règle du majorat du code Napoléon, encore appliquée aujourd’hui. L’aîné reçoit une part privilégiée lui permettant de conserver les châteaux et richesses familiales.

 

En France, comme dans le Saint-Empire, la noblesse était transmissible à tous les enfants y compris les bâtards. En France, ces derniers ont été exclus de la transmission par un arrêt de Henri IV en 1600, mais les bâtards royaux restaient nobles d’office. En France, les femmes nobles de naissance perdaient la noblesse et donc l’exonération fiscale si elles épousaient un roturier. Ce n’était pas le cas dans le Saint-Empire où la noblesse se transmettait, en général, par les femmes comme par les hommes.

 

On peut conclure ces précisions par les cas de perte de l’état noble. Jusqu’au XIe siècle, les titres correspondaient à des charges administratives, « officii », ou très exceptionnellement militaires, le « comes militia palatii ». Elles étaient révocables par décision impériale, royale ou princière. Devenus héréditaires, les fiefs furent plus difficilement révocables, en dehors des cas de trahison. En France, la perte de l’état noble, et donc le retour à l’état « ignobilis », était automatique en cas de non versement de la quote-part du don annuel de la noblesse ou, plus tard, d’une taxe, dite de confirmation. Jusqu’à la Révolution, le principal privilège de la noblesse était une exonération fiscale presque totale. Les receveurs des finances multipliaient les procès pour réduire le nombre des ayants droits. Cette exonération existait aussi dans le Saint-Empire, mais elle était attachée aux fiefs, ce qui évitait la prolifération des ayants droits. Seuls les fiefs et leurs revenus étaient exonérés, en sorte qu’un noble, « edle » en allemand, payait des impôts sur tous les autres revenus et biens. Les fiefs nobles étaient en nombre limité et définis par la matricule. Une grande révision de la matricule a été réalisée en 1521. On peut préciser que des châteaux et des maisons de ville pouvaient être, par eux-mêmes, des fiefs. Bien plus, les nobles allemands étaient justiciables devant les mêmes instances que les roturiers, en raison des biens non inscrits à la matricule, la liste des fiefs. C’est ce qui explique que le sentiment d’inégalité était moins fort qu’en France. Il n’y a pas eu de Voltaire allemand.

 

Par contre, la règle de dérogeance était générale. Elle peut se résumer ainsi : un noble peut faire des affaires, mais seulement des grandes. La dérogeance touchait, d’une manière générale, les affaires commerciales. Pourtant, les profits ne peuvent provenir que du commerce, et d’abord du commerce international. Dès l’époque romaine, un noble, un sénateur donc, ne pouvait qu’exploiter ses terres. En réalité, ils avaient des prête-noms, des affranchis le plus souvent, pour s’occuper de commercialiser leur production. Or, tous produisaient des biens du grand commerce d‘alors : de l’huile d’olive et du vin d’abord. Mais ils pouvaient avoir aussi, sur leurs terres des briqueteries, des moulins, des fonderies de bronze et autres industries. Le père de l’empereur Marc-Aurèle était le roi de la brique. Les sénateurs de Gaule avaient des forges.

 

Les plus grosses fortunes, et les plus éphémères, ont toujours résulté du commerce maritime. L’exemple le plus connu, mais certainement pas le plus sympathique, est celui du père de Châteaubriand qui a fait fortune dans la traite des esclaves sans perdre son état. Les assurances maritimes dites « à la grosse aventure », ont toujours été autorisées à la noblesse et même aux familles royales. Chateaubriand, lui, armait et commandait ses propres navires négriers.  

 

Ces précisions étaient nécessaires pour comprendre ce qu’est devenue la descendance de David Hoffmann.

 

La généalogie de l’abbé Burg attribue à David Hoffmann un fils, Jean-Frédéric, qui serait le père de Jean-Joachim qui, lui, s’est marié en 1670. Il en résulte un trou d’une génération, même en supposant une durée de 30 ans par génération. À cette époque, c’était déjà à peine moins que la durée de vie moyenne.

 

Il faut aussi préciser un point qui apparaîtra essentiel par la suite. Philipp, margrave de Bade, était catholique et tout aussi antiprotestant que Ferdinand II de Habsbourg, alors roi d’Autriche. Il n’y avait aucun protestant à sa cour. David Hoffmann était donc catholique, mais il portait un prénom typiquement protestant : c’est là un problème supplémentaire !

 

Voilà le point de départ et les questions qu’il s’agit de résoudre.

 

La principale difficulté est le caractère très répandu du patronyme Hoffmann dès cette époque. Il faut ajouter à cela que l’orthographe des noms n’était pas stabilisée. On écrivait Hofman, Hofmann, Hoffman ou Hoffmann, sans parler des erreurs de calligraphie.

 

La difficulté est aggravée par la destruction massive des archives, comme des bâtiments d’ailleurs, lors de la guerre de Trente Ans de 1617 à 1648. En outre, on ne peut compter que sur les documents de l’époque, numérisés et disponibles sur Internet. Par chance, le travail est très avancé pour les archives de Karlsruhe, capitale alors du pays de Bade. Il n’en va pas de même dans le reste de l’Allemagne, en particulier en ce qui concerne les listes des diplômés d’Université, qui existent encore.

 

Pourtant, la première indication sur l’origine de David Hoffmann provient d’un livre du XIXe siècle sur les maisons de commerce de Francfort au XVIe siècle. Cet ouvrage recense des actes et des états fiscaux du XVe au XVIIe siècle.


Gillis Hoffmann von Eyckelberg (en flamant Hofftman).

 

L

 
 

 


      e livre du Dr. Alexander Dietz:  « Im selbstverlags des verfassers Frankfurter Handelsgeschichte » mentionne un David Hoffmann parmi les plus gros imposables de Frankfort de 1580 à 1582, et il précise « peut-être un parent du riche Gilles Hoffmann ». La veuve de Gilles Hoffmann figure sur cette liste pour les mêmes années : « Margarethe von Nispen, veuve du richissime marchand Gilles Hoffmann ».

 

à Eupen en 1520 en Allemagne, Gilles Hoffmann (en flamand Gillis Hooftman) s’est établi à Anvers, alors aux Pays-Bas espagnols, en 1547. Il s’est fait appeler d’abord Gillis Hoffmann von Eyckelberg puis Gillis Hofftman. C’était un négociant de stature internationale. Il a fait fortune dans l’ armement naval, l’importation de grumes, la banque. Il était entrepreneur et propriétaire de plus d'une centaine de navires naviguant de la Baltique aux ports d'Afrique du Nord. Il fut le pionnier du commerce des Pays-Bas sur la mer Blanche, membre des sociétés d’armement anglaises de la cour élisabéthaine (c’était avant les Lloyds, il s’agissait d’assurances maritimes), financier, mécène, il a payé les voyages de l’explorateur Abraham Ortelius, de nombreux tableaux du peintre Marten de Vos et les travaux du mathématicien Michel Coignet. Il fut membre du Conseil de la ville d'Anvers à la fin des années 1570.

 

Il était un ami et un partisan de Guillaume prince de Nassau, duc d'Orange, que l’on voit ici, et il a soutenu les opérations de la Gueuserie (Geuzen), les révolutionnaires alliés à la cause protestante, dans la rébellion contre l'Espagne, en leur fournissant de l'argent, des armes, et les approvisionnements. En 1566, son nom figurait sur la liste des "riches" Calvinistes d'Anvers qui devaient être poursuivis par les Espagnols. Toutefois, lorsque les relations entre catholiques et protestants se sont détendues, Gillis Hooftman est devenu membre du Conseil de la ville d'Anvers.

 

Au cours de la Furie espagnole, en novembre 1576, Anvers fut détruite lors des émeutes des soldats espagnols. En 1577, le bourgmestre et échevins ont ordonné à tous les membres du conseil municipal, y compris Gillis Hooftman, d’estimer les dommages, et de proposer des moyens pour accroître les revenus de la ville et de limiter les dépenses.

 

Hooftman avait amassé à une énorme fortune. Quand il mourut, la valeur de ses seuls biens immobiliers a été estimée à 82 252 florins et sa fortune à plus de dix tonnes d'or, des chiffres exceptionnellement élevés pour cette époque. On dirait aujourd’hui qu’il était multimilliardaire. Il possédait plusieurs maisons à Anvers et d’autres dans plusieurs villes d’Europe dont Francfort, Londres et Séville, parfois sous des noms d’emprunt. Il fit don par testament de 50 000 livres aux pauvres protestants et catholiques de la ville d’Anvers.

 

Il avait épousé Margaretha van Nispen (1545-1598). Ils eurent 8 enfants. Il mourut à Anvers en 1581.

 

Il associa son fils Gillis den Jonge (le jeune) à ses affaires. Ce dernier fut échevin d’Anvers de 1582 à 1584, mais il dut quitter Anvers après la prise de la Ville par les armées catholiques d’Alexandre Farnèse (à gauche, arborant la toison d’or, la Goldenen Vließ). Giilis den Jonge se réfugia à Brême, il mourut en 1598, complètement ruiné.

 

Une de ses sœurs épousa Antonio Anselmo, un célèbre juriste, une autre épousa Olivier Cromwell oncle du fameux Olivier Cromwell, Lord Protecteur d’Angleterre qui fut élevé d’ailleurs par elle dans son château de Huntington que l’on voit ici.


 

Le personnage de Gillis Hofftmann est une célébrité d’Anvers. Il a fait l’objet de nombreux ouvrages. Tous les enfants de Gillis Hofftman sont connus et répertoriés. On ne lui connaît pas de fils naturel.

 

Il n’y a pas trace d’un David Hoffmann.

 

On ne voit pas pourquoi il aurait cédé une importante part de sa fortune à un cousin, ou plutôt à un neveu, en raison des dates de naissance connues ou supposées. Il est d’ailleurs parfaitement improbable qu’il ait pu procéder à une cession de sa fortune en dehors de tout acte testamentaire.

 

Il faut souligner enfin que Gillis Hofftman et toute sa famille étaient protestants alors que David Hoffmann était catholique.

 

La supposition de l’auteur de cet ouvrage sur les grandes maisons de Francfort est donc probablement sans fondement.


Hans Adam Hoffmann von Steyr freiherr zu Grünbüchel und Strechau.

 

 

I

 
 

 


   l est improbable qu’un personnage de cette époque, qui n’est pas si reculée, possédant quelques richesses, n’ait pas laissé de trace. Bien que le patronyme Hoffmann, avec toutes ses variantes, soit très répandu, il n’y avait dans le Saint-Empire, à l’époque de David Hoffmann, qu’une seule autre famille Hoffmann assez riche pour pouvoir envoyer ses enfants dans les grandes universités et leur laisser une fortune considérable. Ce sont les Hoffmann freiherr zu Grünbüchel und Strechau.

L’histoire commence en 1407 avec un Adam Hoffmann dont on ne sait pas grand-chose, ni de son fils Georg ( en 1440), si ce n’est une origine bavaroise.

 

Mais, le fils de ce dernier Friedriech I Sebastian Hoffmann zu Farmach ( en 1469) a déjà une certaine fortune en Styrie où il s’est installé. Son fils Friedriech II Hoffmann multiplie les acquisitions de mines d’argent, de fer, de forges et de forêts au point de posséder les trois quarts de la Styrie, un département français. Friedriech II Hoffmann fut anobli en 1540 par l’empereur Maximilien II, le père et prédécesseur de Rodolphe II, sous le nom freiherr zu Grünbüchel und Strechau. Il épousa Margarethe Püchler zu Schröder.

 

Son fils aîné Hans Hoffmann épousa successivement deux femmes de grandes familles locales : Anna von Oberbug qui lui apporte le comté de Steyr, puis Potentiana von Rogendorf und Mollenburg, non point sans dot. Son frère Andréas s’est rendu célèbre dans la guerre contre la révolte des paysans en 1525, qui fut un épouvantable massacre jusqu’en Alsace. La chapelle de Saint-Nicolas, au-dessus de Dambach-la-Ville, est remplie de crânes des victimes, derrière le maître-autel.

 


Localisation des Hoffmann en Autriche

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hans Hoffmann fut Maréchal de camp et capitaine des troupes de Styrie, le plus haut grade de l’époque avant la création des colonels, il participa activement à la guerre de 1539 contre les Turcs. Il avait assisté au couronnement de Charles Quint à Barcelone en 1519. Il choisit la religion réformée en 1560 et devient par la suite un soutien particulièrement agressif de la Réforme. Il défendit hardiment les thèses de Luther à la diète d’Augsbourg de 1566 bien après la mort de Luther. La religion réformée s’appelait religion de Hoffmann en Styrie.

 

La première femme de Hans Hoffmann, Anna von Oberbug, lui donna un fils Hans Adam Hoffmann von Steyr baron zu Grünbüchel und Strechau (1523-1573), Burggraf von Steyr, Hauptmann von Wiener Neustadt, Oberster Landhofmeister in Steiermark, Oberster Erblandmarschall in Österreich und Steiermark. Protestant, celui-ci épousa d’abord Elizabeth gräfin zu Salm. Elle appartenait à une famille régnante aux confins de l’Alsace, donc habilitée à porter le titre de comtesse. Ils eurent un fils Johann Adam zu Grünbüchel und Strechau (1552-1597) docteur en droit, comme son père, de Tübingen et de Padoue en 1574. Il est mort à Moscou lors d’une ambassade auprès de Fédor Ier Ivanovitch, fils d’Ivan le Terrible. Appréciant le luxe et l’apparat, il fut dépossédé par son cousin Hans Friedriech der Ältere (le vieux) baron zu Grünbüchel und Strechau à la suite d’un accord lui laissant seulement des revenus. Il n’eut pas de descendance. Sa belle-mère, Rosina von Polheim, seconde épouse de son père Hans Adam Hoffmann, n’eut pas d’enfant.

 

Les seuls descendants de ces Hoffmann sont issus de la seconde femme de Hans Hoffmann, Potentiana von Rogendorf und Mollenburg. Ses deux fils ont su maintenir la fortune des Hoffmann à des sommets. Si l’aîné était haut en couleur et fut surnommé le grand baron, le second Ferdinand (1540-1607) était de loin le plus brillant. Freiherr zu Grünbüchel und Strechau, Oberster Erblandhofmeister in Steiermark, Oberster Erblandmarschall in Österreich und Steiermark, Burggraf zu Steyr, Hauptman zu Wiener Neustadt, kaiserlich Hofkammerpräsident, Geheimrat, Goldenen Vließ : membre de la diète impériale et toison d’or en particulier.

 

Luther Martin Ehe Unnd Erfurt Maler Holzschnitt Titelbordüre Monogrammisten Hpgt Deckel InkunabelpapierIl rédigea le règlement général des mines et forges d’Autriche qui fut appliqué dans tout le Saint-Empire jusqu’aux réformes imposées par Napoléon Ier.

 

Il possédait une bibliothèque considérable, composée surtout d’incunables, les tout premiers imprimés, mais aussi de nombreux manuscrits. Le roi d’Autriche Ferdinand II ordonna une enquête et fit brûler 700 livres, un vingtième de cette bibliothèque, considérés comme contraires à la religion catholique. On trouve encore aujourd’hui chez les antiquaires autrichiens des livres portant l’ex-libris aux armes de Ferdinand zu Grünbüchel und Strechau (hors de prix !).


 

Les deux frères et leurs enfants sont tous morts en exil suite à la décision de Ferdinand II, roi d’Autriche, que l’on voit ici, d’en chasser les protestants. Ils avaient des terres en Bohème et en Pologne qu’ils conservèrent cependant. Mais, ils perdirent tous leurs biens et revenus en Styrie et, en particulier, ceux de l’immense abbaye d’Admont dont ils étaient commendataires.

 

Les deux fils de l’aîné n’eurent pas de descendance. Ferdinand n’eut qu’un fils. Ses deux petits-fils, qui vivaient en Pologne autrichienne, se convertirent à la religion catholique et leurs deux seules filles épousèrent des Autrichiens catholiques. L’une d’elles mourut d’ailleurs en Styrie dont son mari était gouverneur. Le nom a disparu.

La seule possibilité, du seul point de vue des dates, serait que David Hoffmann soit un fils de Hans Adam (1523-1573) et d’Elisabeth zu Salm (1525-1557), ce qui réellement est impossible.

 

Cette famille, très en vue dans tout l’Empire, ne peut pas avoir d’autres enfants que ceux qui figurent dans les multiples ouvrages qui leur ont été consacrés.

 

 

 

Hans Adam a été enterré avec sa première épouse. On distingue, sur la droite de l’imposante pierre tombale, les armes des Salm. Les armes de gauche sont celles des Hoffmann zu Grünbüchel und Strechau.

 

De plus, toute cette famille vivait en cousinage dans l’immense château de Steyr. Il est inimaginable que Hans Adam ait pu divertir une partie de la fortune au profit d’un fils naturel que d’ailleurs on ne lui connaîtrait pas. En outre, il était, comme son épouse Salm, un protestant convaincu, et il aurait déshérité sans hésiter un catholique.

 

Enfin, les armes de David Hoffmann n’ont strictement aucun rapport avec celle des Hoffmann zu Grünbüchel und Strechau, ni avec celles des Salm d’ailleurs.

 

Il faut exclure finalement ces deux richissimes familles Hoffmann et Hofftmann de l’ascendance de David Hoffmann.


Les autres Hoffmann des archives.

 

 

 

 

 

 L

 
 

 


     es archives et les biographies du Saint-Empire font état de nombreux notables portant le nom de Hoffmann à l’époque même de David Hoffmann. En se limitant aux personnes dont les dates coïncideraient raisonnablement avec celles qui pourraient être celles du père ou de fils de David Hoffmann, on peut citer : 

 

Jacob Hoffmann von Rothenfels cité en 1503 dans un différend avec le margrave Christophe de Bade au sujet de la chapelle de Sainte-Elisabeth de la paroisse de Weißenbach, située dans son fief de Neueberstein. La date de l’acte en ferait un père extrêmement tardif. Toutefois, il était probablement catholique en raison même de cette date et de sa présence en Bade.

Jacob hoffmann, med di peter zeitler, norimberga, 1550-1575 ca.JPG
Jakob Hoffmann (1512- 1564) était un très célèbre graveur et orfèvre de Nuremberg. On lui doit des séries remarquables de monnaies en or et de pièces commémoratives.
 
Il est parfaitement improbable que cet habile artisan ait légué une grande fortune à ses enfants. 

 

Une importante famille Hoffmann était originaire de Radolfzell-am-Bodensee en Bavière dès 1475, baillis de père en fils dans plusieurs localités des environs. La charge de bailli était négociable, mais il fallait un doctorat en droit. Elle rapportait un pourcentage des amendes et frais juridiques. 
 
On peut citer, en particulier, Gerold ou Berold Hoffmann qui fut grand bailli de Zell. Son fils Hans Hoffmann, bailli de Mägdberg en 1568. Johann Georg Hoffmann bailli à Radolfzell, sortait de l’université de Fribourg en Bade. Hans Lorenz, ou Laurentius, Hoffmann fut grand bailli de Mulhouse en Alsace en 1605, puis à Härdberg en 1608. On peut citer enfin Harx Hoffmann bailli impérial à Radolfzell. Il faut noter au passage que leurs armes comportent trois montagnes. Ils sont restés catholiques.

 

Datei:Wappen-hanshofmann.jpgHans Hoffmann (†1574) fut bourgmestre de Heilbronn de 1561 à 1574. Heilbronn est située aux confins du pays de Bade et de l’ancienne Souabe. Il occupait des fonctions à la diète locale dès 1531. Ses armes n’ont aucun rapport avec celle de David Hoffmann qui aurait de toute manière été un fils très tardif. Il faut noter au passage que Jean se dit Johann ou Hans indifféremment, c’est pourquoi la médaille porte un I., le I et le J étant identiques en latin.

 

Un Wolfgang Hoffmann était maître de postes aux chevaux dans la vallée de la Kinzig près d’Offenbourg en 1579.

 

Nous arrivons ensuite à un David Hoffmann, originaire de Bavière, Secrétaire de mairie des villes de Zwettler puis de Poysdorf en 1607 et 1608. Ces villes sont situées au nord de Vienne. Il ne vivait que de la faible rémunération de cette fonction qui n’exigeait pas un doctorat en droit.

 

Un autre David Hoffmann (1575-1616) était en 1609 Maître de chapelle de la paroisse de Roth dans l’ancienne Souabe au nord de l’actuelle Bavière.

 

Plus tardivement, il faut évoquer deux célèbres magistrats : le Dr. Johann Friedrich Hoffmann Procureur de Munich [1693] et son fils Dr. Georg Melchior Hoffmann qui lui succéda et était docteur en droit de Stuttgart.

 

<p>Schloss Artelsberg, Blick durch den Garten. Rechts die Schlossscheune mit Restaurant.</p>Un personnage a défrayé la chronique judiciaire au début du XVIIe siècle. Il s’agit de Georg Hoffmann connu par ses procès intentés pour des différends lors de nombreuses acquisitions à Bruck, Atzelsberg et Uttenreuth au nord de l’actuelle Bavière, mais alors en Souabe. Le château actuel est évidemment beaucoup plus récent. Les actes concernent les années 1601, 1616, 1626.

 

Enfin, également pour la génération qui suivit David Hoffmann il faut mentionner Hans Hoffmann, auteur d’un état célèbre des châteaux forts et abbayes des confins du pays de Bade, du Palatinat et des Deux-Ponts en 1602.

 

Il faudra revenir sur ce dernier en examinant la descendance d’un autre Hoffmann : David Hoffmann von Schwäbisch Hall.


David Hoffmann von Schwäbisch Hall.

 

 

 

 

Cet extrait provient de la transcription du XIXe siècle d’un acte de 1579, signé par David Hoffmann. L’acte est accompagné d’une confirmation signée par Philipp, margrave de Bade, par son épouse zu Sponheim et par le chancelier de Bade.  Il s’agit bien de ce même David Hoffmann, référencé ici, comme par de nombreux autres actes, comme Secrétaire d’État de Bade.

 

Cet acte n’est curieusement pas référencé dans les archives de Karlsruhe. C’est vraiment par un pur hasard qu’il a pu être trouvé sur Internet. Il était visiblement inconnu des biographes des Hoffmann de Haguenau. Il établit sans aucune ambiguïté l’origine David Hoffmann. Mais, cette origine n’a été indiquée dans aucun autre des actes connus. Il contient d’autres données sur lesquelles il faudra revenir.

 

David Hoffmann est originaire de Schwäbisch Hall. Cette ville est située aujourd’hui en Bade-Wurtemberg, mais autrefois en Souabe. C’était une ville libre impériale, trop petite cependant pour accueillir les diètes impériales qui se tenaient essentiellement à Augsbourg, Spire, Worms, Ratisbonne et Nuremberg.

 

En s’appelant David Hoffmann von Schwäbisch Hall, notre ancêtre ne pouvait s’attribuer ainsi un fief puisqu’une ville libre impériale ne peut, en aucune manière, constituer un fief. Il s’agit de sa ville d’origine. Il faut d’abord exposer un peu l’histoire de cette ville pour tenter de résoudre un nouveau problème que pose dès lors l’origine de David Hoffmann. Il faudra aussi faire quelques rappels historiques sur le Saint-Empire et sur le pays de Bade plus précisément.

 

Carte de l’Allemagne actuelle montrant les différentes villes concernées par David Hoffmann

 

 

 

 

 

 

 



La ville de Schwäbisch Hall.

 

 

S   

 
 


     chwäbisch Hall est situé entre Francfort, Stuttgart et Nurem-berg. Dans le centre historique de l'ancien-ne ville libre d'Empire, se trouve l'une des plus belles places de marché d'Allemagne.

 

Schwäbisch Hall a dû sa prospérité à une source salée, exploitée par les Celtes dès 600 avant l'ère chrétienne, et à laquelle elle doit son nom d'origine celte de Haal (Saal en saxon). De 1280 à 1803, elle eut le statut de ville libre d'Empire. C'est probablement sous l'empereur Frédéric Ier Barberousse que l'on commença à y frapper des monnaies appelées Heller (Pfennigs de Hall). Ces pièces, faites à partir de tôle d'argent peu épais, étaient de faible valeur et connaissaient une grande diffusion par tout l'Empire et au-delà.

 

Le nom de cette ville est mentionné pour la première fois dans un document appelé Öhringer Stiftungsbrief qui remonte dans les dernières années du XIe siècle. Sans doute d’abord un village, il appartenait, semble-t-il, aux comtes de Comburg-Rothenburg. Mais à cette époque, la ville est passée à la maison impériale de Hohenstaufen.

 

Après l’extinction de la maison de Hohenstaufen, Hall s'est défendue avec succès contre les prétentions d'une famille noble, les Schenken von Limpurg. Le conflit a finalement été réglée en 1280 par l’empereur Rodolphe Ier de Habsbourg qui lui accorda le statut de ville libre impériale (Reichsstadt) du Saint-Empire Romain Germanique. L'empereur Louis IV de Wittelsbach, Electeur de Bavière, lui accorda une constitution qui régla les incessants conflits locaux en 1340. Dès lors, la ville a été gouvernée par un conseil « Rat Innerer » qui était composé de douze nobles, six bourgeois et huit artisans. Le chef du conseil s’appelait Stättmeister (maire). Il était assisté par un juriste le Stattschreiber. Une deuxième phase de conflits internes 1510-12 (Zweite Zwietracht) a mis fin au rôle dominant de la noblesse. La confrontation avec les familles nobles a été menée par le Stättmeister Hermann Büschler. Un groupe de familles bourgeoises pris en main les destinées de la ville.

 

Du XIVe au XVIe siècle, Hall acquis un vaste territoire dans la région environnante, la plupart du temps par rachat de fiefs de familles nobles. Elle acquit également le monastère de Comburg.

 

La richesse de cette époque n’est visible aujourd’hui que par de rares édifices gothi-ques, dont l'église Saint-Michel (1427-1526) avec son imposant escalier (1507), qui ont été entièrement recon-struits après les guerres et surtout après les incendies.

 

La ville a rejoint très tôt la Réforme protestante. Johannes Brenz, un disciple de Martin Luther, a été fait pasteur de l'église Saint-Michel en 1522 et a rapidement imposé la Réforme en particulier dans le système scolaire.

 

Schwäbisch Hall a souffert pendant la guerre de Trente Ans, mais elle n'a jamais été assiégée ni l’objet de scènes de batailles. Toutefois, elle a dû payer des sommes énormes pour les armées des différentes parties, les impériaux et les troupes suédoises, qui ont également commis de nombreuses atrocités et pillé la ville et la région environnante. Entre 1634 et 1638, un habitant sur cinq mourut de faim ou de maladies, en particulier de la peste.

 

La guerre a laissé la ville et ses environs ruinés. Mais la reprise fut étonnamment rapide grâce à la remise en route de la production et le commerce du sel et du vin.

 

Bien que la suite ne nous concerne plus, on peut conclure cet aperçu de cette ville par quelques mots.

Deux grands incendies, en 1680 et surtout en 1728, ont détruit une grande partie de la ville, qui a été reconstruite dans le style baroque, comme l'hôtel de ville. Il ne reste qu’une seule maison de la Renaissance qui soit contemporaine de David Hoffmann. Elle est supposée, bien sûr, être celle où s’arrêta Charles Quint. C’est aujour-d’hui un hôtel.

 

En 1803, l'Acte de Médiation de Napoléon Bonaparte fit disparaître le Saint-Empire. Schwäbisch Hall perdit sa relative indépendance et passa au nouveau royaume de Wurtemberg. Depuis lors et jusqu'en 1934, la ville s'appelle simplement "Hall". En 1934, elle reprit le nom de Schwäbisch Hall.

 

La propriété des salines est passée à l'État. Une longue crise économique au cours du XIXe siècle a contraint de nombreux citoyens à se déplacer vers d'autres endroits en Allemagne ou à émigrer à l'étranger, principalement aux États-Unis. Alors que d'autres villes proches comme Heilbronn n'ont cessé de croître en raison de la révolution industrielle, la population du Hall a stagné. La construction de ligne de chemin de fer à Heilbronn (1862) n'a pas été suivie par un accroissement significatif de la ville. Hall a cependant progressé grâce à l'incorporation de Steinbach (1930) et Hessental (1936).

 

Pendant le Troisième Reich, une base de la Luftwaffe a été construite à Hessental à proximité de la ville.

La gare a été la cible d'un raid aérien américain en 1945, mais la dévastation a été principalement limitée à la banlieue de Saint-Katharina et Unterlimpurg. La ville a été occupée par les troupes de l'armée américaine en avril 1945 sans résistance sérieuse. Si plusieurs bâtiments ont été détruits ou endommagés, la vieille ville historique a subi relativement peu de dégâts, à part l’hôtel de ville qui a dû être largement reconstruit.

 

Schwäbisch Hall a une population de 36 799 habitants.

 


David Hoffmann von Schwäbisch Hall (suite).

 

 

L

 
 


http://www.schwaebischhall.de/fileadmin/user_upload/images/Informationsstadt/Stadtarchiv/Familienwappen/Hoffmann_09-223_NZ_Epitaph_Jakob_Hoffmann_wohl_1740.jpg

    es archives de cette ville, concernant l’époque de David Hoffmann, semblent avoir disparu. Rien n’est référencé dans listes disponibles sur Internet.

 

Mais, par un autre coup de chance, un professeur d’histoire de la ville a établi un registre des familles de la ville à l’époque, bourgeoises pour la plupart, avec leurs armes.

 

http://www.schwaebischhall.de/fileadmin/user_upload/images/Informationsstadt/Stadtarchiv/Familienwappen/Halberger_Am_Markt_01_St_Michael_innen_Epitaph_Gertraud_Vogelmann_geb_Hallberger_1563.jpgOn trouve un Jakob Hoffmann décédé en 1573. Ses armes sont représentées ci-dessus. Il exploitait les tanneries de la ville. Il s’est marié vers 1540 avec Clara Halberger, d’une famille noble de cette même ville. Elle est morte peu après. Jakob Hoffmann s’est remarié avec Clara Bauer dont on ne sait rien. Il n’y avait pas d’autres Hoffmann dans la bourgeoisie de la ville.

 

La famille Halberger est mieux lotie. On trouve plusieurs exemplaires de ses armes dont un sculpté sur une pierre tombale probablement. Il s’agit de trois montagnes surmontées de trois flammes.

 

Les Halberger font l’objet de plusieurs citations au titre de plusieurs de ses membres. Si leurs armes sont incontestablement analogues, elles présentent quelques écarts, probablement des évolutions.

 

La version donnée avec Clara Halberger est celle de droite. On ne distingue plus les montagnes.

 

On ne peut manquer de remarquer que David Hoffmann a repris ce thème dans ses armes. Mais l’analogie la plus évidente porte sur le cimier qui est pratiquement identique. Il est plus que probable qu’il est donc le fils de Clara Halberger. Il serait donc né vers 1540. Les autres parties de ses armes ne ressemblent à aucun autre blason du catalogue de notre historien.

 

 

 

http://www.schwaebischhall.de/fileadmin/user_upload/images/Informationsstadt/Stadtarchiv/Familienwappen/Halberger_04-0004_Bl_020_VS.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Datei:Sulz Scheibler33ps.jpgLes armes de David Hoffmann présentent une certaine analogie avec celle de la famille de Charles-Louis, comte de Sulz (1572-1617) Hofkriegsrats präsident et feld-maréchal, que l’on voit à droite. Cette famille est de la région de Zurich. Les cantons suisses relevaient alors du Saint-Empire. Les difficultés financières de cet important militaire excluent qu’il ait quelque rapport avec David Hoffmann. Il a vendu toutes ses terres pour survivre.

 

 

 

 

 

 

On peut signaler, au passage, que le blason du drapeau de Franconie a une certaine ressemblance. Mais, il s’agit d’une création récente pour une société savante à caractère historique. coupé émanché de gueules et d'argent de trois pièces (la « herse franconienne »).

 

Un nouveau problème surgit. Il n’a en rien repris les armes de son père. De plus, son père était un bourgeois certainement aisé de la ville. Mais, il n’avait aucune fonction municipale. Il n’a, en aucun cas, pu laisser à sa descendance une fortune de quelque importance. Pas davantage payer de longues études à ses fils. Bien sûr, les enfants brillants pouvaient faire de telles études, même si les parents n’avaient pas les moyens, mais, ils devaient entrer au service de l’Eglise qui prenait en charge leur éducation. La chose était impossible à Schwäbisch Hall : la ville était protestante. Nous verrons d‘ailleurs que ce fut l’occasion de graves difficultés. David Hoffmann ne pouvait être élevé par l’Église. Ses parents étaient protestants et il reçut un prénom typiquement protestant. Or, il était catholique.

 

On ne dispose malheureusement d’aucun autre élément sur l’origine de David Hoffmann pour l’instant. Pour tenter de clarifier la situation, il convient d’avoir une idée de la fortune de David Hoffmann, puis de placer sa vie dans le cadre de l’histoire du Saint-Empire et du pays de Bade en particulier.

 

Avant cela, le hasard, encore, nous met en possession d’un élément capital. C’est la date de sa mort. Et non seulement la date, mais aussi le témoignage de la considération dont il jouissait auprès de ses contemporains.

 

Il se trouve que les Allemands sont très friands d’archéologie tant de ruines se sont accumulées sur ces terres de manœuvres militaires pourrait-on dire. Les armées, tant du Saint-Empire lui-même que de Suède et de France, n’ont cessé de dévaster ces malheureuses terres. À peine relevées de la Grande peste, Louis XI y porta la guerre pour éliminer son cousin de Bourgogne, suivi bientôt par les luttes fratricides entre catholiques et protestants qui commencèrent bien avant la terrible guerre de Trente Ans. Les Suédois ravagèrent le pays de Bade et l’Alsace. Des ruines, ils ne laissèrent que des ruines. La région perdit un tiers de sa population. Frédéric II de Prusse, puis Louis XIV y apportèrent la désolation. Le sac du Palatinat reste la honte de ses armées. Les armées républicaines de Moreau, puis les grognards de Napoléon y firent maints allers-retours, non sans quelques prélèvements et destructions.

 

Or, des archéologues badois ont eu l’idée de dresser un état général des monuments subsistant au début du XXe siècle. Et justement, ils ont répertorié la pierre tombale de David Hoffmann.

 

 

„Des weiteren auf dem alten Friedhof noch einige grabsteine, so an der so an der Pfarrhofmauer in Rollwerkkartusche der des David Hoffmann mit der Inschrift: „

 


Clariss. et ornatiss dno Davidi Hoffmanno illustriss. principis Philippi secundi marchionis Badensis sumo quaestori et consiliario fundatori salutationis dei pare virginis (quam salve regina vocant) et anniversarii sui ac principis supra citati devotissimo ac zelosiss, pie atque memoriae ergo grati haeredes parentarunt anno MDCVI

 

Josef Durm, Franz Xaver Kraus, Baden (Germany). Ministerium des Kultus und Unterrichts - 1908 – Extraits p. 495

  ... En outre, dans le vieux cimetière, quelques pierres tombales, le long de ce qui était alors le mur du presbytère, avec un cartouche de David Hoffmann avec l'inscription :

 

« Très noble seigneur et très célèbre David Hoffmann, conseiller et Secrétaire d’État du très illustre prince Philip II, marquis de Bade, fondateur de la maison des jeunes orphelines (qu’elles invoquent la Vierge Marie), en souvenir du prince désigné ci-dessus qu’il servit avec dévouement et zèle, et en témoignage de reconnaissance de ses héritiers et parents. Dans l'année 1606. » 

 

L’adjectif ornatissimi est très exceptionnel. Il est employé par l’historien du Faur de Pibrac pour les hommes célèbres de son temps (1576). On le trouve aussi dans les épitaphes d’abbés célèbres par leurs œuvres. Clarissimi et illustrissimi sont les qualificatifs utilisés sans discontinuité depuis les Romains respectivement pour les nobles et les princes.

 

David Hoffmann est donc mort en 1606 à Offenburg où cette pierre tombale existait encore. Cette date permet d’éliminer toute parenté avec la plupart des Hoffmann mentionnés jusqu’ici, sauf bien sûr Clara Hoffmann, née Halberger.


Les charges et titres de David Hoffmann.

 

 

 

 


        acte de 1576 que nous avons examiné au chapitre précédent énumère les charges de David Hoffmann. Dans tous les actes des archives de Karlsruhe, il n’est désigné que sous ce nom, sans référence à sa ville d’origine.

 

Ces actes ont été répertoriés au XIXe siècle par un historien qui en donne un résumé en allemand moderne. Il s’agit essentiellement d’actes d’achat de fiefs et biens fonciers au margrave Philippe de Bade.  L’examen de la nature de ces achats permet d’évaluer la fortune de David Hoffmann de manière très incomplète certainement. Ce sera l’objet du chapitre suivant.

 

David Hoffmann était d’abord membre de la diète de Bade, « Rat » en allemand. Il était ensuite Secrétaire d’État, « Landschreiber ». C’était le nom des ministres dans tous les pays à l’époque jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Les États-Unis ont conservé cette appellation. À ce titre, il était membre du conseil du margrave, comme c’était le cas partout, avec cependant une nuance. Les grands États avaient plusieurs conseils. Les Secrétaires d’État participaient au grand-conseil et à ceux qui les concernaient. Au pays Bade, il n’y avait qu’un seul conseil.

 

Il fut anobli en 1588 par l’empereur Rodolphe II de Habsbourg que l’on peut voir sur la gauche, portant naturellement la toison d’or. Cet empereur résidait alors à Prague. L’acte d’anoblissement est signé par Johann Engelhofer  zu Schir-mannsreütt und Marbach, nom qu’il prit en 1623, Secrétaire d’État de l’empire, Garde des sceaux, que l’on retrouve sur tous les actes de cette époque.

 

Une certaine confusion dans les fonctions provient de la dénomination de kanzlei pour la chancellerie du sceau et de Kanzler pour les chanceliers d’Empire chargés des affaires étrangères.

 

Le Château du Hradčany, sur les hauteurs de Prague, doit à Rodolphe II la construction de la monumentale Salle Vladislav. Elle a été remaniée depuis lors, avec l’ouverture de larges fenêtres qui ne doivent rien à la Renaissance. Cette salle officielle est la seule qui subsiste de cette époque. On peut toujours imaginer que c’est là que les actes officiels étaient signés par l’empereur. Le reste du palais, de style baroque, date de l’archiduchesse Marie-Thérèse, la dernière représentante des Habsbourg qui épousa le duc François de Lorraine, élu empereur en 1745.

 

 

Rodolphe II était plutôt introverti et mélancolique. Il abandonna la politique tolérante de son père et appuya la Contre-Réforme. Grand amateur de femmes, il vivait, comme les princes de l’époque, dans un débordement d’apparat. Il protégeait les arts et des sciences et avait attiré à sa cour des peintres comme Arcimboldo et Le Caravage et des savants. Rodolphe II fit ainsi de Prague une brillante capitale cosmopolite pour les sciences et les arts.

Le Cabinet de curiosités de Rodolphe II fut considéré en Europe comme le plus bel exemple de ces sortes de « musées privés ».

 

Il était passionnément épris d’ésotérisme et son entourage fourmillait d’alchimistes et d’astrologues. Il y avait, dans une rue de ce palais, véritable ville avec deux églises, des alchimistes qui tentaient désespérément de transmuter le plomb en or. Cette rue a conservé son nom de ruelle d’or.

 

Il fit venir à Prague Tycho Brahe, le célèbre astronome, et Kepler, le mathématicien. Ce dernier vint d’ailleurs de Vienne à Prague dans le carrosse d’Adam Hoffmann zu Grünbüchel und Strechau que nous avons déjà rencontré. Il partait pour Moscou en passant par Prague, accompagné d’une suite qui est restée dans les annales.

Au passage, le carrosse était une charrette à quatre roues. Henri IV a été assassiné dans ce genre de carrosse, comme on voit sur cette gravure. Une variante bâchée sillonnait les routes d’Europe, comme celle que l’on aperçoit sur ce splendide tableau de Jan Wijnants, animé par Johann Lingelbach.

 

 

Les voyageurs moins riches allaient à cheval, déjà fort coûteux. Ce fut le cas de Montaigne qui fit, en toute hâte, le trajet Turin-Bordeaux, en un mois, malgré les douleurs que lui causaient ses calculs, la maladie de la pierre, lorsqu’il apprit qu’il était nommé maire de cette ville.

 

Les autres allaient à pied, la troisième classe de l’époque. C’est d’ailleurs l’objet de ce tableau de Jan Wijnants, un peu postérieur à l’époque qui nous occupe.

 

Les actes archivés permettent de connaître certains des fiefs que David Hoffmann avait acquis.

 

Outre ses fonctions, David Hoffmann était seigneur d’Appenweier, Ensbach, Etzenhofen, Moss, Nesselried, Oberweier, Söllingen et Völlinger et burggraf d’Uffhofen, son château d’Offenburg dont il ne reste rien. La plupart de ces fiefs étaient situés près d'Offenburg, les autres près de Fribourg-en-Brisgau.

 

Il possédait également les parties badoises des seigneuries de Lahr et Mahlberg. Il avait évidemment une maison à Karlsruhe, où il résidait habituellement en raison de ses fonctions à la cour de Bade et il est mort dans son château d’Offenburg.

 

Mais surtout, il était seigneur de Staufenberg, près d'Offenburg également, déjà un des plus célèbres des vins du Rhin, le Schloss Staufenberg.

 

 

Il ne résidait pas dans le château, une place forte dont il ne reste pas une pierre. La position était stratégique. Elle contrôlait la plaine du Rhin et l’on peut apercevoir Strasbourg et les Vosges dans le lointain.

 

 

 Il s’agit là d’un Tokay tardif rouge et doux de 2008, mais à l’époque on ne produisait que du vin blanc.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© Landesmedienzentrum Baden-WürttembergEnfin, il était commendataire, « Schaffner », de l’abbaye de Schwarzach en Bade. Les commendataires n’étaient pas appelés abbés comme en France.

 

Il ne résidait pas dans l’abbaye elle-même évidemment, bien que cela se faisait en France. Les abbés commendataires français se faisaient construire des palais dans leurs abbayes, comme le Prince de Conti à l’abbaye de Cassan dans l’Héraut, afin d'y loger sa maîtresse Madame de Brimont.

Eingangsfassade des Münsters

L’abbaye de Schwarzach fut aussi rasée par les Suédois. Seule l’église a été reconstruite, en grande partie en briques alors qu’elle était en grès. La gravure donne une idée de l’immensité du monastère. On reconnaît bien l’église abbatiale sur la gauche de la gravure avec sa façade assez bien reconstituée. Tous les bâtiments ont disparu ! La bibliothèque et toutes les archives ont été perdues.

 

La voûte n’a pas été reconstruite et la toiture est en bois. À vrai dire, les églises et les cathédrales ont toujours une toiture en bois au-dessus de la voûte, mais là, il n’y a plus de voûte, si toutefois elle avait existé.

 

Les voûtes en pierre ont été introduites au Xe siècle pour éliminer les risques d’incendie tout en permettant d’augmenter la largeur des églises, jusqu’alors limitée par la portée des fermes en bois. Les lustres étaient suspendus par des cordes que les bougies enflammaient systématiquement. Les architectes ont donc proposé de réaliser des coupoles en pierres, alignées au dessus de la nef, comme dans les églises d’Orient, très antérieures. C’est ce qui subsiste à Angoulême.

 

Mais, ils trouvèrent bien plus économique de réaliser une voûte sur toute la longueur des églises. C’est ainsi que les églises romanes furent pratiquement toutes pourvues de voûtes cintrées d’un seul tenant, (il s’agit ici de l’église Saint-Georges d’Oléron). Il semble pourtant que Jumièges (Seine-Maritime) n’ait jamais eu de voûte, car les ruines qui subsistent ne comportent pas d’appui dans les parties supérieures.

 

À peine ce progrès réalisé, ces mêmes architectes s’aperçurent que l’on pouvait encore faire des économies. Déjà ils avaient trouvé la solution de la croisée d’ogives, au lieu de la coupole, au croisement de la nef et du transept. Il faut noter, en effet, que les voûtes brisées en ogive, d’un seul tenant, existaient déjà. Ils généralisèrent de telles croisées d’ogives sur toute la longueur des nefs.

 

Une autre vue de Schwarzach

Les charges étant dès lors déportées, ils purent alléger les murs entre les colonnes support et ouvrir de larges vitraux. Malheureusement, des arcs-boutants extérieurs étaient nécessaires pour reprendre les charges concentrées en haut des piliers. L’intérieur des églises gothiques est allégé et clair, mais l’extérieur (ici à Chartres) perd l’élan simple des églises romanes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La fortune de David Hoffmann : Staufenberg.

 

 

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   a plupart des actes précisent les montants des achats de David Hoffmann. La plupart des biens achetés appartenaient au margrave de Bade. Il faut noter, au passage, que les actes de la fin de l’année 1582 ont la particularité de faire état de la nouvelle datation grégorienne. Un décalage de 10 jours depuis la réforme julienne résultait d’une année légèrement trop longue. On supprima donc les années bissextiles en double zéro sauf pour les années multiples de 400.  

 

Il y a deux cas particuliers dans ces achats.

 

 

Le fief de Staufenberg était essentiellement constitué de vignobles et de bâtiments d’exploitation, comme les chais, et les villages où habitaient les vignerons. Ces derniers dépendaient directement du seigneur du fief et ne pouvaient le quitter. Cette situation, qui avait disparu en France dès Louis XI, perdura dans le Saint-Empire, y compris en Alsace, jusqu’à Napoléon. Le Code civil français fut appliqué partout.

 

Le château fort lui-même était une place militaire qui restait à disposition des armées impériales et était donc inaliénable, même si la garde en avait été confiée, avant le XIIIe siècle, aux détenteurs du fief. L’importance stratégique de Staufenberg fait qu’il a d’ailleurs toujours été confié à plusieurs seigneurs qui s’engageaient à y mettre des troupes à leur charge en échange des revenus du fief.

 

Ce genre de place s’appelait en français des ganerbies. Le Staufenberg d’Offenburg est mentionné sous ce nom dans l’histoire d’Alsace illustrée de Schöfflin au XVIIIe. La présence de plusieurs seigneurs était une garantie, assez limitée sans doute, contre les abus. La pratique du rançonnage n’était pas seulement une légende.

 

De nombreux droits féodaux étaient attachés au fief. Le seigneur prélevait un impôt, le dixième, comme la dîme de l’Église, et une multitude de taxes sur le four et le lavoir banal et de péages sur les voyageurs et marchandises qui traversaient les ponts et villages du ban. Cela s’ajoutait aux revenus directs des vignobles, des forêts qui couvraient les faces nord des collines et des activités industrielles. L’histoire ne dit pas s’il en restait dans ce fief.

 

Des fouilles récentes ont mis à jour des tunnels de mines de fer et des forges dans les collines du fief. Aucune datation n’a encore été faite. Les archives ne signalent rien. Mais cela n’est pas étonnant. Même en France, l’activité sidérurgique n’est pratiquement pas documentée avant la fin du XVIIIe siècle sauf en ce qui concerne les actes de propriété lors des ventes.

 

Le mot « Staufenberg » comporte bien évidemment le mot « berg », colline ou montagne. Mais le mot « staufen » a une étymologie singulière. L’orthographe est d’abord variable. La famille du célèbre colonel de la Wehrmacht s’appelle Schenk von Stauffenberg avec deux « f », fief du comté de Sigmaringen au nord du lac de Constance. Les Schenk sont une très ancienne famille que l’on retrouve souvent dans les textes concernant les barons Hoffmann zu Grünbüchel und Strechau. Les Schenk ont porté plusieurs noms de fiefs au cours de l’Histoire.

 

Il y a plusieurs autres lieux-dits qui portent ce nom, ou simplement le nom de Staufen. Il y a même des rivières. L’étymologie de « staufen » correspond au français « hanap » (une ancienne coupe au Moyen Âge). C’est pourquoi les dictionnaires d’allemand ancien traduisent « staufenberg » par montagne en forme de coupe (à l’envers), c'est-à-dire avec des pentes très fortes et un sommet arrondi. Je pense que c’est faux, car il y a des rivières qui s’appellent « staufen ». C’est d’ailleurs bizarre, car on se demande bien ce que devient le pied de la coupe.

 

En réalité, « staufen » signifie aussi une mesure de volume. C’est un récipient, creux évidement. Donc, « staufen » est aussi un creux, un trou, une fosse. En France, une fosse était, au Moyen Âge, une mine d’argent. « Ein staufen » est donc également, très probablement, une mine d’argent.

 

Les Hohenstaufen s’appelait en fait von Beuren. Ils ont changé de nom après avoir fait fortune dans les mines d’argent au début du XIe siècle et se sont fait appeler von Staufen, puis, pour faire plus grand, von Hohenstaufen.

 

Les Hoffmann zu Grünbüchel und Strechau avaient plusieurs mines d’argent en Styrie, mais c’étaient des mines de plomb argentifère. C’est très différent. Les Hohenstaufen avaient découvert le moyen d’extraire l’argent des minerais d’argent au cobalt. C’est là une autre histoire qui ne concerne vraiment en rien David Hoffmann et elle est racontée dans un autre ouvrage.

 

Il y avait de telles fosses dans les Vosges, au ban de la Roche, le plus ancien fief du Saint-Empire, juste à côté du comté de Salm. Or, la géologie est exactement la même que celle de la Forêt-Noire. Le Rhin a installé son lit dans une vallée entre deux versants d’un massif hercynien. Il est donc très probable que des fosses d’argent au cobalt ont été exploitées au Staufenberg. Mais, à l’époque de David Hoffmann, les fosses d’argent au cobalt étaient épuisées depuis longtemps. Il en reste une multitude de lieux-dits « les fosses » ou leurs équivalents comme « staufen » en allemand ou « pozzi » en italien, en Bavière, en Bade, en Alsace, en Calabre, en Sicile et en France, en Normandie, Ile-de-France, Flandres et Poitou où elles furent découvertes plus tardivement.

 

 


La fortune de David Hoffmann : Schwarzach.

 

 

 

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    e second cas particulier est celui de l’abbaye de Schwarzach. Le cas était du même ordre, à cette différence que l’abbaye appartenait à l’église et était également inaliénable. La gestion avait dû être très tôt confiée à des personnes civiles, en vertu de la séparation des tâches, énoncée dans les Actes des Apôtres.

 

Cependant, à la Renaissance, cette gestion était déjà largement transformée en une prébende. Les revenus et droits féodaux, attachés aux terres de l’abbaye antérieurement à leur création, revenaient à l’acquéreur de la commende, nom donné à cette charge, du latin cum (avec) mens (table). À défaut de partager la table, on partageait les revenus. Les moines vivaient de leurs activités propres qui pouvaient être agricoles. Mais les villageois qui exploitaient les autres parties de leurs terres dépendaient du commendataire.

 

Jusqu’à l’invention de l’imprimerie, l’activité la plus rémunératrice des abbayes était la copie des manuscrits. Il y avait une vaste organisation de recrutement, jusque dans les villages, des enfants sans fortune, mais capables de faire des études. Elles étaient payées par l’Eglise, mais l’enfant pris en charge donnait sa vie à l’Eglise et aux abbayes plus particulièrement.

 

Ce système n’a pas été arrêté après l’invention de Gutenberg. Les abbayes perdirent leur plus grande source de revenus. On leur confia la vente des indulgences, entre autres, pour subsister. Mais il y eut d’âpres disputes entre abbayes et, en particulier, Luther fut envoyé à Rome pour plaider la cause de son abbaye des Augustins d'Erfurt. Il fut scandalisé, mais non pas par les mœurs des cardinaux, comme le racontent les historiens athées, stupidement d’ailleurs, car ils savent bien qu’il régnait alors une liberté des mœurs très générale. Il fut scandalisé parce que l’on construisait l’immense et fastueuse basilique Saint-Pierre de Rome avec les prélèvements sur les dîmes et les revenus de l’Eglise, alors que les moines crevaient positivement de faim dans leur couvent.

 

Le chancelier William Cromwell, oncle d’Oliver Cromwell, mit fin sous Henri VIII à la cause véritable de la misère des abbayes en supprimant les commendes et d’ailleurs, aussitôt après, en nationalisant les biens de l’Église et en les distribuant, moyennant finance, aux sujets du roi d’Angleterre.

 

En France, il fallut attendre la Révolution. Les abbayes furent vendues comme bien nationaux. Les premières victimes financières étaient les détenteurs des commendes qui perdirent leurs revenus. Les abbayes étaient pratiquement vides. La déchristianisation est récurrente ! L’époque dite curieusement, ou peut-être ironiquement, des Lumières, eut les mêmes conséquences que deux siècles plus tard, l’intrusion progressiste encore ancrée dans l’attente du grand Soir, le « tsunami social » pour reprendre les mots archiépiscopaux. Mais les destructions systématiques ne commencèrent que quarante ans plus tard : les abbayes furent exploitées comme carrière de pierres lors du redémarrage économique de la France après le désastre impérialo-révolutionnaire.

 

Dans le Saint-Empire, les choses se passèrent plus calmement. Les abbayes étaient pratiquement vides. Elles furent, pour la plupart, sécularisées au début du XIXe siècle au profit des Etats.

 

Le système de la commende peut aujourd’hui apparaître comme un abus. En réalité, il faut remonter dans l’Histoire pour en comprendre l’origine.

 

Un prince pour construire et entretenir ses palais et les places fortes a besoin d’argent. Les abbayes ont aussi besoin d’argent pour leur construction, leur agrandissement et leur entretien. Il serait très simpliste de croire que les princes et les abbés attendaient d’avoir économisé, ou reçu en don, les sommes nécessaires pour lancer les travaux. De temps immémoriaux, ils empruntaient.

 

Un emprunt doit comporter des revenus et des garanties. Ils existaient chez les Assyriens déjà des titres négociables en partie double basés sur la vente de produits à terme, permettant aux négociants d’emprunter.

 

Les princes prélevaient des impôts pour payer les rentes et rembourser leurs emprunts, garantis par leur état. Le margrave de Bade, lui, vendait le capital pour soutenir son train de vie, c’est autre chose.

 

Une caractéristique de ces emprunts était de ne pas avoir, en général, d’échéance fixée à l’avance. Les fiefs vendus par les princes pouvaient s’échanger indéfiniment tant que le prince ne décidait pas de les racheter, à moins qu’il ne les récupère lorsqu’un propriétaire décédait sans héritier, ce qui était fréquent à cette époque.

 

Les abbayes empruntaient en aliénant les revenus de leurs terres et des villages et industries qui s’y trouvaient, en particulier des forges. Il semble cependant que les titres abbatiaux, qui portaient revenus, n’étaient jamais remboursés contrairement aux emprunts princiers. Ils s’échangeaient entre les acquéreurs successifs des commendes. C’étaient des emprunts perpétuels en quelque sorte.

 

Les dons en nature, terres, forges et autres, plus fréquents à cette époque que les dons en espèces, permettaient de financer, par de nouveaux emprunts de ce genre, les agrandissements et les travaux de gros entretien. Les dons ne pouvaient pas être vendus.

 


 

La fortune de David Hoffmann.

 

 

O

 
 

 


     n peut évaluer la totalité des achats de David Hoffmann à près de 30 000 florins. Il s’agit toujours ici de florins or. C’est la somme des montants indiqués dans les actes conservés.

 

Il s’agit des actes signés par le margrave de Bade. Elle concerne des cessions de propriétés ou de droits féodaux qui lui appartenaient ou qui appartenaient à l’Eglise.

 

Zone de Texte:  
       Florin or frappé à l’effigie de Charles Quint
On ne peut pas déterminer les achats à des personnes privées comme les maisons. Même la valeur de son château d’Uffhofen, pourtant acté, ne donne pas le montant puisqu’il s’agit d’un échange avec un hôtel de Strasbourg.

 

Il n’est pas déraisonnable de penser que toutes ces acquisitions foncières doublent le capital. On arrive certainement, sans difficulté, à 60 000 florins, ; ce qui est dans l’ordre de grandeur de la fortune foncière de Gillis Hofftmann, l’armateur qui avait d’abord retenu notre attention. C’est une somme, cependant, qui ne pourrait pas permettre de classer un habitant de Francfort parmi les plus imposés. C’était pourtant le cas de David Hoffmann.

 

Il faut ajouter à cela sa fortune fiduciaire. Malheureusement, le seul indice accessible est incomplet. Il s’agit d’un projet de concordat soumis au successeur du margrave Philipp par David Hoffmann pour le règlement des sommes qu’il ne cessait d’avancer au prince. Les sommes ne figurent pas dans l’extrait disponible.

 

Il est, toutefois, peu probable que la fortune de David Hoffmann dépasse de beaucoup les 100 000 florins. C’est tout de même une très grosse fortune pour l’époque, sans égaler certainement celles des Hofftmann d’Anvers et des Hoffmann de Styrie. Un petit milliardaire devant ces deux très gros milliardaires, et loin derrière les Fuggers évidemment.

 

La fortune des Fuggers, ou Foulcres en français, représentés ici par un portait d’Anton Fugger, s’élevait à la fin du XVIe siècle à la valeur inégalée de deux millions de florins. C’était la plus grosse fortune d’Europe. Ils acquirent d’immenses propriétés dans le Sud de la Souabe, autour d’Augsbourg, leur ville.

 

Des économistes se sont basés sur une comparaison avec le salaire annuel d’un ouvrier qualifié de 33 florins à l’époque des Fuggers. Cette somme est compatible avec le salaire annuel de 55 florins d’un autre David Hoffmann, stattschreiber à Zwettl vers 1610, le logement lui étant assuré.

 

Ils parviennent à près de 3 milliards d’euros. Si l’on tient compte de la valeur foncière totale de l’Europe à l’époque, ce chiffre semble raisonnable. Cette valeur foncière globale est aujourd’hui hors de proportion avec ce qu’elle était. Les fortunes actuelles, qui représenteraient une part semblable de cette valeur totale, sont donc incomparablement plus élevées aujourd’hui. À titre de comparaison, Les Fuggers auraient aujourd’hui une fortune chiffrée en centaines de milliards d’euros. Les Hoffmann zu Grünbüchel und Strechau et l’armateur anversois Gillis Hofftmann pourraient atteindre la dizaine de milliards d’euros et David Hoffmann se situerait ainsi au niveau du milliard d’euros, niveau qui devait compter quelques dizaines de représentants dans le Saint-Empire.

Laurent le Magnifique

On peut risquer une comparaison avec Giovanni di Bicci de' Medici qui, à sa mort en 1429, laissa une fortune de 180 000 florins. Cette fortune fut décuplée par Cosimo il Vecchio de’ Medici mort en 1464. On est donc au niveau des Fuggers, mais un siècle plus tôt. Par la suite, la fortune déclina rapidement en raison, en particulier, du train de vie de Laurent de’ Medici que l’on peut reconnaître sur le tableau de droite. Il dépensait 16 000 florins par an pour son habillement. La comparaison est liée à l’évolution de la valeur de la monnaie. Il s’agissait seulement de fixer les ordres de grandeur.

 

Tout ceci étant dit, nous n’avons pas le moindre éclaircissement sur l’origine de la fortune de David Hoffmann.

 

 

Le pays de Bade à l’époque de David Hoffmann.

 

 

 

 

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   a maison de Bade descend de l’antique maison de Zhäringen, éteinte depuis le XIVe siècle, et est également issue de la première branche de la dynastie des Habsbourg.

 

Le titre des princes régnants de Bade est margrave (marquis) mais, le pays de Bade était un Comté. En effet, la différence entre un graf et un margrave tient uniquement à la proximité de la frontière. Un margrave ou marquis est un comte des marches, ou frontières.

 

Les margraves de Bade ne sont pas Electeurs de l’empire. Ce qui ne les empêchait de pouvoir être candidats, mais ils n’en avaient pas les moyens.

 

Philippe II de Bade (Philipp von Baden), né le 19 février 1559 et décédé le 7 juin 1588 à Baden-Baden fut margrave de Bade-Bade de 1571 à 1588. Il appartenait à la lignée de Bade-Bade dite lignée Bernardine, qui s'éteignit en 1771.

 

Fils de Philibert de Bade et de Mathilde de Bavière, il fut élevé à la cour de son oncle Albert V de Bavière. Philippe II de Bade reçut une solide éducation dans la religion catholique. Il fit ses études à l'université d'Ingolstadt.

 

Son père protestant, Philibert de Bade, assura à chacun de ses sujets la liberté du culte. Mais il en fut tout autrement lors de son décès. Sa mère et sa sœur Jacqueline de Bade, toutes deux catholiques très ferventes, influencèrent le jeune Philippe II de Bade. Peu à peu, le jeune marquis limita la liberté de culte dans son comté. Il obligea ses sujets à respecter les rites catholiques sous peine de graves punitions.

 

En 1579 Philippe II de Bade agrandit le château de Karlsruhe et fit ériger la chapelle, la cuisine, l'orangerie de style Renaissance. Il orna ce château avec une magnifique collection d'instruments de musique. Mais, ce château causa d'énormes frais. Pour combler le déficit, il cédait des fiefs et augmentait les impôts. Ah, vraiment, quelle époque ! Il laissait à son successeur un État au bord de la faillite.

 

Philippe II de Bade ordonna la chasse aux sorcières. Lors d'une chasse aux sorcières en 1580, dix-huit femmes furent brûlées à Rastadt, Baden-Baden et Kuppenheim.

 

Philippe II de Bade mourut sans héritier, son cousin Édouard-Fortunatus de Bade-Bade lui succéda. Il était le fils de Christophe II de Bade-Bade et de la princesse Cecilie Vasa de Suède (1540-1627). Il est né à Londres le 17 septembre 1565, et décédé le 18 juin 1600 au château de Kastellaun-Hundsrück en Suède. Il fut margrave de Bade-Bade de 1588 à son abdication en 1596.

 

Édouard Fortunatus de Bade-Bade épousa, le 13 mars 1591, Marie von Eicken (morte en 1636). Quatre enfants sont nés de cette union dont Guillaume de Bade-Bade (1593 - 1677) margrave de Bade-Bade.

 

La reine Élisabeth Ire d'Angleterre porta le jeune Édouard de Bade sur les fonts baptismaux et souhaita que le petit prince prît le prénom d'Édouard.

 

Comme sa mère, Édouard de Bade aimait le luxe. Il vécut un longtemps en Italie à la Cour d'Alexandre Farnèse. Lorsqu'il hérita du comté de Bade-Bade, son goût du luxe aggrava la situation déjà précaire. Cette situation financière des plus désastreuses l'obligea à se demander s'il ne ferait pas mieux de vendre ou louer le comté aux Fuggers.

 

En 1594, les finances d'Édouard de Bade étaient au plus bas. Il s'attacha les services d'hommes peu scrupuleux et ceux de deux alchimistes nommés Francesco Muscatelli et Paul Pestalozzi. Son cousin, Frédéric de Baden-Durlach, tenta sans succès de faire empoisonner les deux Italiens.

 

En 1596, Frédéric de Bade-Durlach et son fils Georges ayant envahi le comté de Bade-Bade, Édouard dut prendre la fuite. Frédéric succéda donc à son cousin, mais Guillaume de Bade-Bade, le fils d’Edouard, fut rétabli margrave en 1622 après la victoire de l’armée catholique à Wimpfen.


Les événements de l’époque de David Hoffmann.

 

 

 

 

carte de l’Europe à l’époque de Charles Quint

 

1515-1516 : Cinquième guerre d’Italie. Bataille de Marignan.

1517 : Traité de Cambrai.

1517 : 95 thèses. Début de la Réforme de Martin Luther.

1523-1532 : Troubles dits la « paysannerie » en Souabe, Thuringe, Alsace et Autriche. En fait, révolte des Reichrittern pour obtenir les privilèges de la noblesse.

1525 : Bataille de Pavie.

1527 : Sac de Rome par les armées du duc de Bourbon.

1530 : Confession d'Augsbourg.

1533 : Début du schisme anglican.

1540-1544 : Intervention de Charles Quint aux Pays Bas et répression des protestants en Allemagne.

1542 : Convocation du concile de Trente par Paul III.

1542-1544 : Quatrième guerre entre François Ier et Charles Quint.

1544 : Bataille de Cérisoles.

1545 : Massacre des Vaudois de Provence.

1545-1563 : Concile de Trente (sur le plan civil création des trois registres paroissiaux pour l’enregistrement des baptêmes, mariages et décès).

1546-1555 : Guerre de Schmalkalden.

1547 : Bataille de Mühlberg.

1552-1555 : Seconde guerre des margraves.

1555 : Paix d'Augsbourg. Fin de la Guerre de Schmalkalden.

1558 : Traités du Cateau-Cambrésis ; fin des guerres d'Italie.

1562 : Début des guerres de religion en France.

1566 : Début de la Révolte des gueux dans les Dix-Sept Provinces des Pays-Bas.

1571 : Bataille navale de Lépante. Juan d’Autriche écrase la flotte turque.

1572 : Massacre de la Saint-Barthélemy.

1582 : Institution du calendrier grégorien (décalage de 10 jours du calendrier en octobre), par le pape Grégoire XIII, longtemps refusé par les protestants. C’est sans doute ce que Max Weber, chantre de la supériorité protestante, a appelé de l’ouverture d’esprit.

1588 : Défaite de l'Invincible Armada.

1598 : Édit de Nantes. Fin de la Huitième guerre de religion en France.

1610 : Assassinat du roi de France Henri IV par Ravaillac.

1618 : Défenestration de Prague. Début de la Guerre de Trente Ans.

1620 : Bataille de la Montagne-Blanche, défaite des protestants.

1618-1648, Guerre de Trente Ans : L’Allemagne est traversée presque sans répit par des soldats, suivis par des trains de bagages et de munitions, venus de tous les coins d’Europe. Des historiens estiment que certaines régions perdent jusqu'à la moitié de leur population (Saxe, Hesse, Alsace, Franche-Comté) ou même les deux tiers tel le Palatinat. Les traités de paix sont signés dans un pays en ruine et qui mettra des dizaines d'années à se relever. Les autres belligérants (Suède, France, Espagne) sont financièrement exsangues.

 

Les traités de Westphalie concluent la guerre de Trente Ans et, simultanément, la guerre de Quatre-Vingts Ans le 24 octobre 1648. Négociés pendant plusieurs années, ils sont signés en deux lieux distincts, pour des raisons de préséance et d’incompatibilité religieuse :

- à Osnabrück entre le Saint-Empire, la Suède et les puissances protestantes ;

- à Münster entre le Saint-Empire, la France et les autres puissances catholiques. 

 

La France est la grande gagnante. Elle bénéficie de plusieurs gains territoriaux sur ses frontières : les Trois-Évêchés, officiellement rattachés, ainsi que Brisach et Philippsburg,  l’Alsace, la forteresse de Pignerol, l’Artois et le Roussillon.

 

La Franche-Comté ne fut rattachée à la France que par le traité de Nimègue en 1678.

 

Strasbourg, ville libre impériale, fut rattachée plus tard, en 1681. Mulhouse, également ville libre impériale, propriétaire du lac de Lucerne et de plusieurs abbayes, ne fut rattachée à la France qu’en 1798.


Les Diètes impériales (Reichtag) de Charles Quint.

 

 

 

L’

 
 

 


     empereur convoquait, à son initiative, des assemblées de la noblesse, des villes libres et des évêchés du Saint-Empire pour les grandes décisions en particulier le vote des budgets des guerres et le règlement des problèmes religieux.

 

La diète comportait une sorte de chambre haute composée des sept princes et princes-évêques Electeurs désignés par la bulle d’or de Nuremberg de 1356. Il s’agissait des archevêques de Mayence, archi-chancelier pour la Germanie, de Trêves, archi-chancelier pour la Gaule, et de Cologne, archi-chancelier pour l’Italie, du duc de Bohême, grand échanson, du comte Palatin, haut sénéchal et intérim de l’empereur, du margrave de Brandebourg, grand Chambellan, garde du sceau privé, enfin du duc de Saxe, archi-maréchal, remplacé en 1623 par le duc de Bavière. Le duc de Saxe redevint électeur en 1643 avec la charge d’archi-trésorier.

Le Reichstag d’Augsbourg avec Charles Quint en 1530

       (présentation de la Confession d'Augsbourg)

Les deux autres chambres groupaient d’une part les représentants de la noblesse et du clergé, avec 100 membres, et, d’autre part, les représentants des villes libres impériales, avec 51 membres.

 

Les dernières diètes qui eurent à connaître du problème religieux se réunirent aux dates suivantes :

 

1541 Reichstag tenu à Ratisbonne.

1542 Reichstag tenu à Spire puis Nuremberg au sujet d’un conflit entre la ville d'Esslingen et le Wurtemberg.

1543 Reichstag tenu à Nuremberg au sujet d’un conflit de la ville de Schwäbisch Hall et de Hohenlohe .

1544 Le Reichstag est revenu à Spire ayant dû quitter Nuremberg.

1545 Le Reichstag se poursuit à Worms.

1546 Le Reichstag se tient à Ratisbonne.

1547/48 Interim d’ Augsburg.

1550/51 Le Reichstag se tient à Augsburg.

1555 Le Reichstag se tient à Augsburg (paix d’Augsburg).


Charles Quint et la Réforme.

 

 

 

D

 
 

 


      avid Hoffmann vécut sous le règne de Charles Quint (1500-1556) empereur en 1519, fils de Maximilien 1er  (1459-1519)   empereur en 1493, puis sous les règnes de :

  

Ferdinand 1er           (1503-1564)  empereur en 1556

 

Maximilien II                          (1527-1576) empereur en 1564 

 

Rodolphe II                             (1552-1612) empereur en 1576

 

Matthias 1er               (1557-1619) empereur en 1612

 

Nous avons déjà parlé de Rodolphe II qu’il a nécessairement rencontré en raison de ses fonctions et qui était pratiquement le seul qu’il ait pu connaître après sa prise de fonction en Bade.

Fichier:Bernaerd van Orley 004.jpg

Nous n’évoquerons ici que Charles Quint, d’abord brièvement sous l’aspect humain. Puis, plus en détail, sur le problème de la Réforme.

 

ll aimait passionnément les femmes et « s'en procurait partout où il se trouvait, de grande et aussi de petite condition ». Les plus connues de ses maîtresses furent la belle Marguerite Van Ghest, de Gand, Barbara Plumberger (Blomberg) de Ratisbonne, mère de Juan d’Autriche et Ursolina de la Peña, de Pérouse, appelée la Penina. Il laissait en mourant trois enfants légitimes : Philippe II, Marie, reine de Bohème et Jeanne, veuve du roi du Portugal. On lui connaît au moins trois enfants naturels, Marguerite d'Autriche, qui épousa Alexandre de Médicis et en secondes noces Octave Farnèse ; Tadea de la Peña, et Juan d'Autriche ; on lui attribue aussi comme enfants naturels un Piramo Conrad d'Autriche et une Jeanne d'Autriche, qui est morte à l'âge de sept ans, en 1530.

 

On peut signaler qu’il avait un défaut d’élocution lié à une déformation maxillaire. Les fins de mots étaient parfois difficiles à comprendre, ce qui ne l’empêcha pas de défendre lui-même avec vivacité les dogmes de l’Église catholique, le problème de la grâce et du libre arbitre essentiellement, contre la thèse de la prédestination soutenue par Luther, thèse d’ailleurs un peu oubliée, semble-t-il, et qui ne subsiste, en réalité, que dans l’Islam. Des princes protestants soutenaient les représentants de Luther. Un des plus vigoureux partisans de Luther fut Adam Hoffmann zu Grünbüchel und Strechau, mais il n’entra dans le débat qu’en 1560 après la mort de Charles Quint.

 

Il faut enfin préciser que l’empereur, né au Pays-Bas, a été élevé dans les traditions de la cour de Bourgogne et il parlait donc français, mais ne connaissait pas le latin. Il réussit à appendre assez d’espagnol, d’allemand et d’italien pour se faire apprécier des peuples qu’il dirigeait.

 

charlesquint.1258034464.jpgLe règne de Charles Quint correspond à la naissance en Allemagne du luthéranisme.

 

Défenseur de la foi, sacré par le pape en 1530, le petit-fils et successeurs des « Rois catholiques » ne peut se soustraire à l'obligation de défense de la foi catholique et une accalmie dans le conflit l'opposant à François 1er lui permet de s'attacher à cette mission.

 

En 1519, l'année même de son sacre, Charles Quint convoqua la Diète d'Augsbourg. Cette diète devait poser la question de la soumission des princes du Saint-Empire, convertis à la Réforme luthérienne. La réunion tourna à son désavantage, les princes du Nord réformistes se coalisant sous l'autorité du landgrave Philippe 1er de Hesse et de l'électeur Jean-Frédéric 1er de Saxe.

 

Le 25 juin 1530, les protestants présentèrent à Charles Quint la Confession d'Augsbourg, texte fondateur du Luthéranisme, rédigée par Philippe Melanchthon. Excommunié en 1521 et mis au ban de l’Empire, de dernier ne pouvait participer à la diète. Camerarius le remplaça. Ce texte fut rejeté par les théologiens catholiques. Malgré quelques modifications conciliatrices apportées au texte original par le prudent disciple du bouillant réformateur, Charles Quint fit proscrire la Confession d'Augsbourg par la diète dont la majorité des membres étaient catholiques.

 

Le 20 septembre 1530, Luther conseilla aux princes protestants de se préparer à la guerre plutôt que d'accepter de transiger avec l'Église catholique, ce qui aboutit, début 1531, à la formation de la Ligue de Smalkalde menée par Philippe de Hesse.

 

La diète se termina le 19 novembre 1531, avec le recès d’Augsbourg qui confirme l'édit de Worms : il ordonnait aux princes coalisés de se soumettre avant le 15 avril 1531, de rétablir dans leurs États la juridiction épiscopale et de restituer les biens de l'Église.

 

Charles Quint rentra en Espagne et ne revint qu’en 1539. Il passa à Paris en janvier 1540 pour se rendre aux Pays-Bas. Il en partit en décembre pour la diète de Ratisbonne prévue en 1541.

 

Conscient de la nécessité de réformer l'Église et de résoudre le problème protestant, le pape Paul III convoqua le concile de Trente, dont les travaux démarrèrent le 5 décembre 1545. Les protestants ne reconnurent pas le concile et l'empereur déclencha les hostilités en juin 1546, avec une armée équipée par le pape et commandée par Octave Farnèse, futur duc de Parme, une armée autrichienne sous les ordres de son frère Ferdinand de Habsbourg et une armée de soldats des Pays-Bas sous les ordres du comte de Buren. Grâce à l'appui du prince-électeur Maurice de Saxe, Charles Quint remporte sur Jean Frédéric de Saxe la bataille de Mühlberg le 25 avril 1547, emprisonne Philippe de Hesse et obtient la soumission des princes rebelles. Le tableau représente Charles Quint lors de cette bataille. En réalité, il était bien à la tête de ses armées, mais n’était pas sur place lors de la bataille.

 

En 1551, le même Maurice de Saxe réalisa un renversement d'alliance pour délivrer le landgrave de Hesse-Cassel retenu prisonnier par Charles-Quint. Ce dernier, trahi par le duc Maurice, est contraint à traiter et à accorder, par la paix de Passau (1552), une amnistie générale et le libre exercice du culte réformé. À contrecœur, il laisse à son frère Ferdinand le dernier mot : le 3 octobre 1555, est signée la paix d'Augsbourg.

 

Fichier:Carlos V en Mühlberg, by Titian, from Prado in Google Earth.jpgL'unité religieuse de l'Empire est sacrifiée au profit d'un ordre princier : chaque feudataire de l'Empire peut choisir laquelle des deux religions sera seule autorisée dans ses domaines. C'est le principe cujus regio, ejus religio, la religion du prince est la religion du pays.

Charles Quint à la bataille de Mülhberg en 1547

 

 

Charles Quint à Schwäbisch Hall en 1541 et 1547.

 

 

 

 

L’

 
 

 


      empereur Charles Quint est passé deux fois à Schwäbisch Hall. La première fois les 11 et 12 février 1541, alors qu’il se rendait à la diète de Nuremberg. Une deuxième fois les 22 et 23 décembre 1547, peu après la victoire de Mühlberg contre les protestants.

Fichier:Revolte de gand.JPG

La première visite faisait suite à la répression brutale de la Révolte de Gand en 1539, que l’on voit sur cette miniature contemporaine. Il exigea que les notables de la ville défilent pieds nus avec une corde autour du cou : depuis cette époque, les Gantois sont surnommés « Stroppendragers », les « garrotés ». La congrégation de Saint-Bavon fut dissoute, son monastère rasé et remplacé par une caserne ducale. Seuls quelques édifices de l'ancienne abbaye échappèrent à la démolition.

 

Le détour par Schwäbisch Hall était destiné à ramener cette ville libre impériale sous son autorité. Comme nous l’avons vu, ses habitants avaient adopté la religion réformée.

 

L’arrivée, très cérémoniale, avait été préparée soigneusement. L’empereur était accompagné d’une cavalerie de 800 chevaux. Les échevins, le stattmeister et le stattschreiber, tous de noir vêtus, deux capitaines de la garde de la ville et une quarantaine de cavaliers allèrent à sa rencontre à Westernach.

 

Il régnait une profonde anxiété dans la ville ; car on venait d’apprendre que Charles Quint avait malmené les protestants des Pays-Bas et proclamé un édit ordonnant de brûler tous les ouvrages impies.

 

Le stattschreiber de la ville reçut l'empereur avec un discours en latin, ce n’était pas la meilleure idée. Puis, l'empereur s’avança vers Schwäbisch Hall.

 

Devant la Porte Jaune, du même nom que celle de Paris, au Sud du collège des Bernar-dins, ou de Bourges, près de la cathédrale, ou de Montpellier, qui n’ont pas de rap-port avec la couleur, mais avec Janus, di-vinité romaine, dieu des commencements et des fins, et des portes, le stattmeister Michel Schietz reçut de l'empereur avec un discours en allemand. Il implora la protection de l'empereur et lui remit les clefs de la ville.

 

L'empereur entra à cheval dans la ville sous un dais de damas noir orné d’un aigle d'or, porté par quatre hommes. Il était vêtu de son habituelle tenue noire et d’un chapeau de feutre noir, un peu comme sur le tableau du chapitre précédent. Toutes les cloches de la ville sonnaient. L’empereur, après les cérémonies à la mairie, fut logé dans la maison d’Hermann Büchler. Le Conseil de la ville lui donna une coupe d'or et d'argent. On servit des brochets et des carpes, avec du vin local. Sans oublier les charrettes d’avoine pour la cavalerie.

 

Le lendemain, à 11 heures, l'ensemble du conseil de la ville s’est réuni devant la maison où Charles Quint avait passé la nuit. Il était à la fenêtre pour entendre le serment traditionnel. Tous les habitants étaient extrêmement inquiets, s’attendant à la promulgation d’un édit réprimant les protestants et à une forte amende. Ce qui était arrivé à Gand était évidemment dans tous les esprits.

 

Le chancelier de l'empereur, debout à la fenêtre, prononça les termes du serment: « Nous jurons d’être fidèle et obéissant à l’empereur Charles et que le Seigneur Dieu et tous les saints nous aident ».  Les édiles répétèrent le serment devant l’empereur. Un grand silence se fit. L’empereur descendit, remonta dans son carrosse et quitta la ville avec son escadron sans aucune autre sanction. Il se rendit à Crailsheim pour rejoindre Nuremberg et la route de Ratisbonne.

 

Six ans plus tard, au retour de la bataille de Mühlberg, Charles Quint passa par plusieurs villes impériales qui avaient soutenu les armées protestantes de la ligue de Smalkalde. En position de force, après sa victoire, il imposa de lourdes pénalités en représailles au manquement à leur serment de fidélité.

 

Il arriva à Schwäbisch Hall le 22 décembre 1546 et en partit le lendemain. Contrairement à toutes attentes, la ville fut taxée raisonnablement sans autres représailles.

 

Charles Quint venait de Ratisbonne où s’était tenue une nouvelle diète qui fut, d’ailleurs, transférée ensuite à Worms. Mais, c’est à Ratisbonne que se produisit un événement de nature privée qui eut des suites historiques.

 

Pendant l'été 1546, Charles-Quint séjourna à Ratisbonne à l'occasion de cette Diète d'Empire. Il remarqua une belle jeune fille, Barbara Plumberger ou Blomberg, dotée d'une jolie voix et âgée de 19 ans, lui-même en avait 46. Il tomba éperdument amoureux d'elle. Ils vécurent une idylle passionnée, quoique de courte durée. Cette gravure du XIXe est de très mauvais goût, mais évidemment il n’y a pas de représentation de l’époque. Barbara donna à Charles Quint un fils illégitime

 

Don Juan d'Autriche a été baptisé, en réalité, sous le prénom de Jérôme (Jerónimo ou Jeromín). Trois ans plus tard, Barbara épousa un fonctionnaire impérial nommé Hieronymus Pyramus Kegel. Contre une charge officielle, il accepta d'endosser la paternité en donnant son nom à l'enfant. La famille s'installa en 1551 à Bruxelles à la Cour de la sœur de Charles Quint, Marie de Hongrie, que l’on voit à droite. Ce Kegel avait une charge dans l'administration militaire. Le couple eut trois autres enfants. Don Juan fut ensuite séparé de sa mère et emmené à la cour de Madrid.

 

En 1569, Kegel mourut, laissant sa famille dans une situation financière précaire. Sur intercession du duc d'Albe, alors gouverneur des Pays-Bas espagnols, le roi d'Espagne Philippe II, demi-frère de Don Juan, accepta d'attribuer une pension confortable à Barbara et à ses enfants, leur assurant ainsi une position sociale honorable. En contrepartie, il fut demandé à Barbara d'accepter de se retirer dans un couvent en Espagne.

 

Datei:Don Juan D Austria.jpg

 

Don Juan d'Autriche. Celui-ci se couvrira de gloire en écrasant la flotte turque à Lépante en 1571.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les couvents de religieuses étaient à cette époque, du fait de leur isolement du monde extérieur, le lieu de séjour idéal pour les filles-mères de la haute société, qui devaient faire oublier leurs frasques et leur existence. Mais Barbara avait plus le goût de s'amuser et de mener une vie joyeuse, toute de libertinage et d'indépendance, que de se mortifier dans les exercices de dévotion d'un couvent de nonnes. Elle se fit donc prier et il fallut l'intervention de son fils pour lui faire cesser cette vie exubérante. Barbara Blomberg, née en 1527 à Ratisbonne, est décédée le 18 décembre 1597 à Ambrosero, en Espagne.

 

 

 

 


Descendance de CHARLES QUINT.

 

Descendance légitime :

Charles Quint  (1500-1558)

Ep. Isabelle de Portugal (1503 - 1539)

 Philippe II (1527-1598)

Ep. 1 Marie de Portugal (1524 - 1542)

Ep. 2 Marie Ier Tudor reine d'Angleterre (1516 - 1558)

Ep. 3 Elisabeth de France (02/04/1546 - 03/10/1568)

                        Catherine d'Espagne (1567 - 1597)

Ep. Charles-Emmanuel Ier de Savoie (1562 - 1630) 

nombreuse descendance directe

Ep. 4 Anne de Habsbourg (1549 - 1580)

Philippe III, roi d'Espagne (1578 - 1621)

Ep. Marguerite d'Autriche (1584 - 1611)

Anne d'Espange - dite d'Autriche (1602 - 1666)

Ep. Louis XIII (27/09/1601 - 14/05/1643

dont Louis XIV et Philippe d’Orléans

nombreuse descendance directe

Philippe IV, roi d'Espagne (1605 - 1665)

Ep. Elisabeth de France (22/11/1602 - 06/10/1644)

Charles II d'Espagne (1661 – 1700)

Sans descendance

Extinction des Habsbourg d’Espagne

Marie d'Espagne (1528 - 1547)

Ep. Maximilien II de Habsbourg (1527 - 1576)

Anne de Habsbourg (1549 - 1580)

Ep. Philippe II, Roi d'Espagne (1527 - 1598)

Elisabeth de Habsbourg (05/08/1554 - 22/01/1592)

Ep. Charles IX roi de France (27/06/1550 - 31/05/1574)

Jeanne d'Espagne (1537 - 1573)

Ep. Jean de Portugal (1537 - 1554)

Sans descendance


Descendance illégitime de CHARLES QUINT

 

 

Avec Germaine de Foix, reine douairière d'Aragon (1488-1538)

Isabelle de Castille  (1518-?), non légitimée

 

Avec Johanna van der Gheynst

Marguerite de Parme (1522-1586), non légitimé

Ep. Alexandre de Médicis puis Ottavio Farnèse, duc de Parme et de Plaisance.

 

Avec ???

Jeanne (1522-1530),  non légitimée

 

Avec d’Orsolina della Penna

Thadée d'Autriche (1523-1562), légitimée

 

Charles Quint semble ne pas avoir eu de maîtresses après son mariage en 1526 et jusqu’à la mort de son épouse Isabelle de Portugal en 1539. Du moins, il n’a pas eu d’enfants naturels connus pendant cette période.

 

Avec Barbara Blomberg

Juan d’Autriche (1547-1578), légitimé

 

 

 

 

 

 


L’ascendance de David Hoffmann.

 

 

 

U

 
 

 


      ne équation, que je n’oserais pourtant pas qualifier de mathématique, pourrait éclairer l’origine de David Hoffmann :

 

 


 

+                                       =

    

 

 

 

 

Dans les enquêtes, une multitude d’indices sans liens ne conduisent à rien. Mais dès lors que plusieurs indices convergent, alors on peut atteindre à ce que l'article 427 du code des procédures appelle l’intime conviction et qui entraîne la décision.

 

Les indices ont été énumérés tout au long de ces pages. Voici la conclusion, l’intime conviction, mais non la certitude bien sûr.

 

Les armes de droite sont bien connues. Les couleurs sont aujourd’hui celles du drapeau de l’Autriche. C’étaient les armes des Habsbourg, aujourd’hui écartelées de Lorraine. Nous avons vu que celles du milieu sont celles de Clara Halberger. Normalement, les armes sont partagées verticalement pour associer celles des deux parents. Parfois, elles sont écartelées en quatre quartiers symétriques pour des raisons esthétiques. C’est le cas général des armes parlantes qui perdraient leur signification en étant coupées, ou déformées verticalement. Cette solution fut retenue par les Hoffmann de Styrie.

 

L’assemblage réalisé par David Hoffmann n’est pas conventionnel. C’est une question de protocole. Il n’a certainement pas été autorisé à reprendre intégralement les armes des Habsbourgs.

 

Car la conviction est que David Hoffmann est bien le fils de Clara Halberger, mais que son père naturel est Charles Quint.

 

Les armes sont une apparence qui soutient la thèse.

 

Il est né juste après le passage de Charles Quint dont la maîtresse d’une nuit avait réussi à faire renoncer l’empereur aux sanctions prévues contre la ville impériale de Schwäbisch Hall. On lui a donné un prénom typiquement protestant.

 

Lors de son second passage, six ans plus tard, on apprit à Charles Quint le décès de Clara Halberger à la naissance de son fils. Il dut en être touché pour faire preuve d’une mansuétude inattendue à l’égard de la ville.

 

Charles Quint ne s’est pas occupé de ses enfants naturels. Philippe II, son fils et successeur au trône d’Espagne et des Pays-Bas, s’est montré très sensible à cette progéniture de son père. C’est lui qui a pourvu à l’éducation de Don Juan d’Autriche et aux moyens d’existence de la mère et du fils. 

 

De la même manière, on peut penser qu’il a été sollicité, à la demande de son père légal, ou plus probablement des édiles de la ville de Schwäbisch Hall, qui n’étaient certainement pas innocents de la rencontre avec Clara Halberger. Il accepta ainsi de prendre en charge l’éducation de David Hoffmann qui fut, comme il se doit, élevé dans la religion catholique, très probablement aux Pays-Bas. Le fait qu’il était catholique élimine l’idée que la ville aurait pu elle-même dédommager le père légal. D’ailleurs, rien ne dit que Clara Halberger était déjà marié lors de sa rencontre avec Charles Quint.

 

Par la suite, Philippe II a dû lui faire remettre une somme importante par l’intermédiaire de ses banquiers d’Anvers représentés à Francfort, ce qui explique la confusion avec la famille de Gillis Hofftmann. Cette somme peut paraître considérable, mais il faut savoir que l’or d’Amérique inondait l’Espagne et Philippe II le distribuait sans retenue pour endiguer la propagation du schisme hérétique protestant.

 

David Hoffmann aurait pu tirer parti de la coïncidence de sa naissance avec le passage de Charles Quint à Schwäbisch Hall pour se faire passer pour son fils.  Philippe II avait certainement des raisons de le croire.

 

La sépulture de David Hoffmann étant localisée, le seul argument décisif serait l’ADN, ce qui est possible, malgré le temps, puisque les restes de Toutankhamon ont permis d’établir qu’il était le fils d’Akhenaton, contrairement à l’avis de tous les historiens.

 

Par contre, les Hoffmann de Styrie n’ont réellement aucun rapport avec David Hoffmann.

 

Il reste à présent à régler le problème de la descendance de David Hoffmann.


La descendance directe de David Hoffmann.

 

 

B

 
 

 


      ien que les archives de Schwäbisch Hall aient disparu, un historien a collecté toutes les informations sur les habitants de cette ville que l’on pouvaient avoir conservées dans d’autres villes. C’est ainsi qu’il a pu inscrire dans le livre du jubilé de Schwäbisch Hall de 1956 un certain nombre d’actes de 1395 à 1600 dont quelques-uns concernent les Hoffmann.

 

 

 

L’acte de 1580 est particulièrement intéressant, car il désigne Hans Thomas Hoffmann comme commendataire de l’abbaye de Schwarzach.  On peut donc penser que Hans ou Johann Thomas est le fils de David Hoffmann. La lacune dans la généalogie de l’abbé Burg serait ainsi comblée.

 

On peut trouver une confirmation indirecte du fait que David Hoffmann a eu aussi une fille, Marie Jacobé, qui est mieux cernée par les archives, car elle a épousé le docteur Jean Küffer. A contrario, on retrouve dans ce prénom celui de Jakob Hoffmann, le père légal de David.

 

Le docteur Küffer a fait confirmer, le 3 février 1627, par le margrave de Bade, les droits de sa belle-mère et de ses héritiers sur les fiefs féodaux qui ont été énumérés plus haut. Mais, Staufenberg passa aux Küffer, devenus entre temps von Küffer, qui le conservèrent jusqu’en 1719.

 

D’autres confirmations et règlement de litiges avec les abbés concernent l’abbaye de Schwarzach, sans intervention de Jean Küffer. Il est donc probable que, dès 1580, cette part de l’héritage avait été attribuée à Hans Thomas Hoffmann.

 

Jean-Frédédéric Hoffmann serait donc le fils de Hans Thomas et le petit-fils de David Hoffmann. Il y aurait une autre fille, mais rien n’a été trouvé à son sujet dans Internet. Il faut noter au passage que le prénom Hans-Friedrich, ou Johann-Friedrich, caractéristique des Hoffmann zu Grünbüchel und Strechau m’a conduit à approfondir l’histoire de cette famille, peut-être au-delà du nécessaire.

 

Aucune trace n’a été trouvée sur Internet de Jean-Frédéric qui est supposé avoir été échanson, amtskeller, d’Ettlingen, résidence des margraves de Bade dans une petite ville au Sud de Karlruhe.

 

Les destinées des héritiers ont été bouleversées par la guerre de Trente Ans. Les vignobles ont pu être exploités à nouveau. Les von Küffer habitaient Strasbourg en 1719 lorsque les clauses du traité de Rastatt relatives aux « biens possessionnés » les obligèrent à vendre au marquis de Bade les droits féodaux qu’ils avaient encore sur le Staufenberg. Il faut noter que le fief a été repris par le margrave de Bade pour près de 12 000 florins, le montant de l’achat 130 ans plus tôt par David Hoffmann.

 

Par contre, l’abbaye de Schwarzach a été complètement détruite et Hans Thomas, sans doute complètement ruiné.

 

Ces événements dramatiques n’ont pourtant pas empêché les descendants de David Hoffmann de conserver le manuscrit de son anoblissement par Rodolphe II de Habsbourg. Ce document est toujours en possession de la famille dans le cylindre en zinc de l’époque, avec un sceau en cire quelque peu endommagé. Gérard Sütterlin a fait réaliser, dans les années 70, de remarquables fac-simile avec la reproduction en terre cuite rouge (certains exemplaires ont été moulés en soufre) du sceau identique que possède les Archives Nationale de France. L’original est conservé par la famille Robert dont la trisaïeule était l’aînée du dernier des Hoffmann à porter ce nom, sous réserve que Georges Louis Stanislas Hoffmann, le stettmeister, ou les enfants du second mariage de Jean Joseph Hoffmann (1676-1749) n’aient plus de descendants directs mâles.

 

Les archives de l’université de Iéna n’étant pas accessibles, on n’a pas de précision sur l’inscription réalisée par David Hoffmann à cette université en 1592. Il n’y a aucune information sur les deux destinataires de l’héritage (beerben) du cousin (vetter), mentionnés ensuite dans le livre du Jubilé de Schwäbisch Hall.

 


 

 


Johann Hoffmann.

 

L

 
 


      es dates et les activités font de Johann Hoffmann un fils possible de David Hoffmann, peut-être même s’agit-il de Hans ou Johann Thomas Hoffmann.

 

Johann Hoffmann est né vers 1560 et mort après 1635. Il était amtskeller de Bade, c'est-à-dire échanson. C’est, du moins, sous ce titre qu’il passa commande, en 1593, d’un relevé topographique du château de Lichtenberg et de ses environs. Il s’agissait de préciser des limites de fiefs entre les États de Deux-Ponts, du Palatinat et de Bade. Il publia, en 1602, un état descriptif de cette région, outil très précieux pour les historiens par les détails qu’il donne des bâtiments existants.

 

Mais les historiens le qualifient également de Landschreiber de Lichtenberg. Cette fonction attachée à un château n’a aucun sens, puisqu’un Land est un État. Il s’agit certainement d’une confusion avec son père David Hoffmann.

 

 

Le Château de Lichtenberg en Palatinat.

 


Le gendre : Johann von Küffer.

 

L

 
 

 


      a famille Küffer, aussi orthographié Kueffer et Kieffer, est inconnue avant le mariage de Johann avec la fille de David Hoffmann. Elle a droit à un assez long passage, plus long que David Hoffmann, dans la Biographie générale de Bade de Julius Kindler von Knobloch de Heidelberg.

 

Jean Küffer, né à Esslingen, était médecin à Strasbourg. Il épousa Marie-Jacobé, fille de David Hoffmann, Secrétaire d’État et membre du conseil de Bade.

 

Zone de Texte:  
J. von Grimmelshausen
Son fils Jean Küffer est né en 1614 à Strasbourg où il décéda en 1674. Il avait terminé ses études à l'Université de Padoue, et fut reçu en 1640 médecin à Strasbourg. Il fut membre de la diète de Bade et médecin de plusieurs princes. Sa veuve, Anna-Maria, la fille de Philip Eyselin, membre de la diète de Brandebourg-Ansbach, échangea avec le margrave Wilhelm de Bade une maison dans la rue Neuve à Strasbourg contre le château Wiedergrün près d’Offenburg. Le célèbre écrivain Johann Jakob von Grimmelshausen, auteur de Simplissimus, un conte très connu en Allemagne, fut intendant du château des Küffer vers 1650. Jean Küffer eut quatre fils et deux filles.

 

Son fils aîné, Wilhelm Christian, reçu docteur en médecine en 1675 à Strasbourg, a représenté, lors de la succession du château de Wiedergrün, ses frère et sœurs, Jean-Albert, capitaine, Ernst Friedrich, Maria-Frederica, épouse de Johann Philipp Baumgartner du conseil du margrave de Bayreuth et Ansbach, assesseur à la Cour du district de Nuremberg, et la jeune Anna Christine.

 

La famille Küffer obtint l’autorisation de porter la particule « von ». Ils vendirent le fief féodal de Staufenberg en 1719, après le traité de Rastatt, comme nous avons vu, au margrave de Bade, en particulier cinq chais, pour 11 425 florins. L'acte de vente porte le sceau de  Claudius Antonius von Küffer, Prêtre Chanoine de l'évêché de Strasbourg, au nom de son père (c’est une petite erreur du biographe, son père est mort en 1674, il s’agit de son frère) Jean-Albert von Küffer, Oberstlieutnant du régiment Alsace-ancien et Chevalier de l'Ordre de Saint-Louis, de ses jeunes frères Johann Franz von Küffer, enseigne du même régiment, et Abel von Küffer lieutenant au régiment de Royal-Bavière-allemand.

 

Les archives de l’armée de Vincennes, très limitées pour cette époque qui marque le début de l’enregistrement des officiers, devraient comporter des informations sur leur état de service et leur décès, s’ils sont morts au combat.

 

Il ne reste plus trace de la famille von Küffer, ni en France ni en Allemagne.


Les Hoffmann de Haguenau.

 

A

 
 

 


      vant de passer à l’arbre généalogique des Hoffmann, il convient d’évoquer les Hoffmann de Haguenau. Il s’agit ici d’un court résumé de l’exposé très complet de Monsieur Roger Dufraisse dans les Etudes Haguenoviennes de 1956-57.

 

UNE FAMILLE DE CAPITAINES D’INDUSTRIE AU XVIIIe SIÈCLE :

LES HOFFMANN DE HAGUENAU

 Il n’est pas exagéré de dire, qu’au XVIIIe siècle, les Hoffmann ont tenu, dans la vie économique d’Alsace, une place comparable à celle des de Dietrich, Dollfus ou Koechlin.

 

 Garance des teinturiersJoseph Hoffmann dit le jeune (1699-1769) lorsqu’il commença à s’intéresser à la garance, n’était pas un nouveau venu dans le monde des affaires. Son grand-père maternel, Johann Barthélémy Frantz avait été le premier marchand en gros de Haguenau pour la garance. Son père, Jean-Joseph Hoffmann dit le Vieux (1676-1749) était aubergiste, propriétaire d’un bazar où se vendaient des étoffes, des coiffures, des chapelets, des articles de toilette, de la quincaillerie, de l’épicerie, du tabac. En 1728, il payait l’impôt le plus élevé, 90 florins, parmi ses confrères de la Kremerzunft ou tribu des merciers. À sa mort, Hoffmann le Vieux laissait une fortune s’élevant à 23.128 florins (une centaine de millions de nos francs 1955).  L’industrie de la garance connaît à cette époque de graves difficultés en Alsace, seule région productrice, en raison de la concurrence féroce de Pays-Bas. Joseph Hoffmann, dit le jeune (1699-1769) va s’efforcer d’y porter remède.

 

Hoffmann le Jeune continue le commerce de son père qu’il étend également au bois et au tabac. Un inventaire de 1767 montre, qu’à cette date, les fonds placés dans le commerce du bois s’élevaient à 34.478 livres-tournois et que les quantités de tabac en magasin représentaient une valeur de 44.128 livres. Ceci fait près de 100 millions de nos francs actuels (1955, c'est-à-dire 1 800 000 euros aujourd’hui avec le passage en nouveaux francs et à l’euro). Mais, plus que le bois ou le tabac, c’est la garance qui constitue l’essentiel de l’activité de Joseph Hoffmann.

 

En 1726, il entreprend un voyage en Hollande, « où on cultive la véritable garance ». Ce voyage durera 6 mois et le conduira dans l’île de Woorne, dans la province de Zeelande, c’est-à-dire dans les régions les plus productrices. Hoffmann étudie en particulier les fours que l’on y utilisait pour faire sécher la récolte. À son retour, il entreprend la construction de ces fameux fours hollandais. L’affaire prospéra pendant les quarante ans qui suivirent.

 

Le 14 octobre 1765, Joseph Hoffmann s’associe à son troisième fils Georges Louis Stanislas, dit Hoffmann le Stettmeister, charge dont son père venait de se démettre en sa faveur. Le 15 juin 1766, un nouveau contrat de société est signé : à Joseph Hoffmann et à Louis viennent se joindre le fils aîné de Joseph : François Joseph Ignace dit Hoffmann le bailli ; son père lui avait acheté en 1761 la charge de bailli de Benfeld. Le père continue à « conduire, gérer et gouverner l’entreprise dont la raison sociale est « Hoffmann père et fils ».

 

En 1767, le père se retire et cède l’affaire à ses deux fils. Plus que la mort de Joseph Hoffmann qui surviendra en 1769, on peut dire que la formation de cette association marque la fin de la période héroïque qui vit l’implantation de l’industrie de la garance à Haguenau. Comme l’écrira, en 1766, Louis le Stettmeister « les travaux étaient perfectionnés, les veines étaient fécondes et intarissables, les traités pour la garance étaient à bas prix, cette marchandise était à un taux cher, enfin le profit était clair, certain et considérable». Les maîtres de forges disaient la même chose.

 

Zone de Texte:  Racines de garances séchéesUn examen plus attentif des sources montre toutefois que cette prospérité était plus apparente que réelle. En se retirant des affaires, Joseph Hoffmann avait en effet précisé que ses fils devraient prendre à leur charge le passif de l’association « Hoffmann père et fils », passif qui dépassait l’actif de quelques 131.000 livres.

 

Le bailli en donne trois raisons plausibles : « Mon père, nous dit-il, se plaignait souvent à moi de ne pouvoir plus, faute de fonds et de crédit, saisir les occasions lucratives qui se présentaient, et de la diminution successive des ventes, de la nécessité d’entretenir des usines considérables et de subvenir aux frais du commerce et de sa maison ».

 

Parmi les créanciers figuraient sa femme pour 22.259 livres, ses propres enfants pour 28.204, le chapitre de Haguenau pour 4.815 livres, le couvent Saint-Joseph pour 4.000 l., la maison des orphelins pour 3.000 l., Johann Barth Dominicain pour 1.500 l.; des nobles : Monsieur de Chastel trésorier de l’extraordinaire des guerres à Strasbourg : 39.650 livres ; Son Altesse Madame la princesse régnante de Baden-Durlach : 30.000 livres, Monsieur de Turckheim 42.400 livres.

 

Zone de Texte:  
Teintes de la garance d’Alsace
La situation du commerce de Joseph Hoffmann, telle qu’elle apparaît en 1767, ne doit pas faire oublier que celui-ci avait, par ailleurs, pu amasser une fortune colossale. Il avait eu bien soin, ce qui prouve qu’il avait le sens des affaires, de séparer soigneusement son commerce de sa fortune privée.

 

C’est pourquoi il ne faut pas être surpris qu’un inventaire de la « fortune des sieur et dame Hoffmann » tel qu’il a été établi en 1767 après l’abandon du commerce aux deux fils, fasse apparaître un excédent de l’actif sur le passif se montant à 179.126 livres d’après le stettmeister, à 28.213 l. 5 s. 4 d. si l’on en croit le bailli. La différence entre ces deux estimations provient de ce que les deux frères n’avaient pas attribué la même valeur aux immeubles. Quoi qu’il en soit, l’inventaire fait après la mort du père, survenue le 18 septembre 1769, nous donne une description très précise de la fortune amassée par ce gros bourgeois dont l’ambition finale semble bien avoir été d’acheter de la terre, ce en quoi il est bien de son temps.


FRANÇOIS JOSEPH IGNACE HOFFMANN, LE BAILLI.

 

Zone de Texte:  La retraite de Joseph Hoffmann, qui passe la main à ses deux fils en 1767, marque, nous l’avons dit, la fin de la période hé-roïque de la garance. Dès lors l’histoire de celle-ci dans la région de Haguenau, est do-minée par la forte personnalité de Fran-çois JosephI gnace Hoffmann, le bailli, véritable aventurier de l’économie. Son frère le Stettmeister dira de lui : « On remarquerait avec surprise que, depuis l’état de ministre jusqu’à l’occupation d’inventeur de musette, il n’est aucune profession, dans laquelle il n’ait successivement cru voir et même tenter des projets de fortune ».

 

Associé dès 1765, mais à titre privé, aux affaires de son père, il montre tout de suite ses qualités. Dans le même temps, le bailli devient créancier de son père pour 80.000 livres. En mai 1768, soit dix mois après la fondation de la Société entre les deux frères, le Stettmeister en demande la dissolution 86. Le bailli se charge alors seul du commerce ; par contrat du 8 mai 1768, il s’engage à verser annuellement 8.000 livres de rentes à son frère.

 

Le 18 septembre 1769, le père mourait. Encore qu’un inventaire de sa succession ait fait apparaître un solde positif très substantiel : 397 931 l. la question se posa de savoir comment et par qui seraient remboursées les dettes du commerce Hoffmann père et fils. Un premier arrangement intervint le 24 janvier 1770 suivit, le 16 août 1770, par un nouvel accord : le Stettmeister voit sa
rente ramenée à 1.800 livres par an, soit une pension viagère de 1.500 l. plus 300 livres représentant les intérêts d’un capital de 12.000 livres.

 

Durant quatre mois, après la signature de l’arrangement, la pension sera régulièrement payée au Stettmeister qui a reçu en outre 12.000 livres de capital, 6.000 livres de meubles, les terres, métairies, cens, prés, jardins, biens fonds du ban et de la ville de Haguenau représentant 85.260 l.

 

 

Zone de Texte: François Joseph Ignace Hoffmann, 
le bailli
Finalement, c’est donc 723.977 l. que le bailli avait à rembourser tôt ou tard. Il faut expliquer pourquoi les dettes personnelles se montaient à près de 400.000 livres, et qui avait avancé ces sommes. Comme en 1767 ses dettes personnelles ne s’élevaient qu’à 30.000 livres, on doit en conclure que les emprunts considérables qu’il avait contractés avaient été destinés en premier lieu au commerce et à l’industrie de la garance. La manière dont l’intéressé justifiait cette politique d’emprunts ne manque pas d’intérêt. « Le commerce de feu mon père, ainsi que le mien, n’a jamais roulé que sur les fonds d’autrui ». « Je serai forcé de revenir plus d’une fois au puissant motif que nous avions de cacher, que la majeure partie de notre commerce ne roulait que sur des fonds étrangers ; tout notre crédit, tout le succès du commerce dépendait de ce mystère ». « L’opinion d’une fortune plus grande qu’elle n’est en réalité, donne presque toujours le crédit et pour perdre le nôtre, il suffisait qu’on sut que notre fortune ne surpassait que de peu les fonds empruntés ».

 

Ces quelques lignes dépassent singulièrement le cas Hoffmann. Certes, elles nous révèlent un risque-tout, un joueur, un audacieux, comme le sont tous les pionniers qu’ils soient explorateurs, défricheurs de terre ou fondateurs d’industrie. À défaut de prudence, Hoffmann le bailli, semble avoir eu une claire intelligence des faits économiques. Il a compris le rôle du crédit et deviné que le moteur de l’économie moderne devait être le banquier, ne pouvait être que le banquier, et non plus seulement le marchand ou le fabricant. À une époque où l’on hésitait à investir l’argent ailleurs que dans les achats de terre, les offices, les emprunts d’État, Hoffmann avait senti qu’il fallait se livrer à une certaine publicité pour attirer les capitaux dans l’industrie, d’où son désir de paraître plus fortuné qu’il ne l’était puisqu’on ne prête qu’aux riches comme le dit le proverbe.

 

Zone de Texte:  
Four Hoffmann à Wasselonne
Tout cela, au fond, est très représentatif de la fin de l’Ancien Régime. Le contrôleur général Calonne, pour donner l’illusion que l’État était riche, se lancera, lui aussi, dans les folles dépenses. Si Hoffmann avait devi-né le rôle des ban-quiers, il s’en faut que ceux-ci aient figuré en bonne place parmi ses créanciers. À vrai dire nous n’en avons trouvé qu’un : le baron de Dietrich pour 13.000 livres (19 août 1767) ce qui est peu à côté du Comte de Lutzelbourg inscrit pour 210.000 livres prêtées le 9 février 1769 .

 

En 1772, le bénéfice net de l’ensemble des affaires Hoffmann est de 34.786 livres, en 1773 de 26.443 l. 9 s. 11 d., en 1774 de 2.995 livres seulement. On devine aisément que l’édification de la sécherie de Geiselbronn est à l’origine de cette diminution des bénéfices nets. Notons que le bailli prétendra plus tard que, durant ces années, son bénéfice annuel avait été de 100 000 à 200 000 livres. Où est la vérité ? Le bailli exagère sans doute, mais les chiffres cités plus haut concernent l’ensemble de ses affaires, déduction faite des remboursements partiels de dettes et d’intérêts des sommes empruntées.

 

L’équipement industriel de l’entreprise Hoffmann était à la mesure de cet extraordinaire développement de la culture de la garance. Avec ses 120 fours, ses 30 paires de meules, ses 10 machines à rober traitant 20 tonneaux de racines par jour, il travaillait les 2/3 des racines que l’on récoltait dans la Basse Alsace.

Zone de Texte:  
Moulin à garance des Hoffmann à Schweighouse-sur-Moder

Ses établissements étaient situés à Haguenau, Geiselbronn, Schweighouse, Reichshoffen, Strasbourg, Wasselonne, Molsheim (3 fours), Vendenheim (8 fours), Brumath (1 sécherie avec 2 petits fours). La sécherie de Geiselbronn où il pratiquait la dessiccation artificielle faisait l’admiration des contemporains.

 

Cet équipement d’un niveau technique remarquable pour l’époque, permettait à Hoffmann de vendre 6000 quintaux de teinture par an. Il arriva pourtant que la capacité de production de son entreprise fût trop faible pour absorber toute la production de racines qui lui était livrée. « En l’année 1778, dira plus tard le bailli, j’ai eu une trop grande quantité de garance. La récolte prévue pour 1779 devait être de 12.000 à 14.000 qx ». Hoffmann comprend qu’il lui faut un nouveau moulin : la construction projetée à cet effet à Schweighouse coûtera 30.000 livres. Il ne peut disposer de pareille somme, d’autant plus qu’il doit payer les intérêts de toutes ses dettes et des capitaux empruntés antérieurement. Le raisonnement qu’il tient alors, démontre une bonne compréhension des possibilités offertes par l’achat et la vente à crédit.

 

Disposant de peu d’argent, il conçoit qu’il doit le faire circuler plus vite donc produire plus et plus rapidement : « je pose, en fait, qu’en doublant nos moulins nous pouvons au temps de la récolte faire avec 100.000 livres autant que nous faisons avec 150.000 n’ayant que la moitié d’usines, parce qu’en travaillant vite nous pouvons revirer une partie de nos fonds deux fois dans la même récolte par des ventes précoces ». En fabriquant et en vendant sa teinture deux fois plus vite, il espère pouvoir acheter au paysan la production d’une récolte deux fois plus forte qu’à l’accoutumée.

 

Zone de Texte:        

Canal du moulin Hoffmann de Wasselonne
Hoffmann expose que n’ayant eu que 140.000 livres pour acheter une récolte d’une valeur de 260.000 livres, il a pu néanmoins conclure le marché en vendant « une partie des garances avant d’avoir reçu et payé les dernières ». En vendant le plus rapidement possible sa teinture, il a pu « avec 140.000 faire 260.000 livres ». Et d’ajouter : « D’après ces principes nous pouvons conclure que si la récolte de l’année prochaine est le double, que nous avons doublé nos usines nous pourrons avec 280.000 livres faire autant qu’avec 520.000 livres ». Il est peut-être, dans ce cas, plus difficile de suivre Hoffmann dans son raisonnement : le mécanisme du crédit est toujours délicat, il exige que celui qui en use jouisse toujours de la confiance de ses créanciers, ce qui ne sera pas le cas pour le bailli.

 

À partir de 1779, le baromètre de l’affaire Hoffmann est à nouveau à la baisse. Les bilans annuels se maintiennent en valeur absolue, mais se traduisent par un déficit et non plus par un bénéfice.

 

Ces dates ne manquent pas d’intérêt. On assiste, dans l’ensemble de la France, à partir de 1778-1780 à un renversement de la conjoncture économique : une série anormale de vendanges abondantes entraîna une mévente catastrophique du vin dont la production, beaucoup plus dispersée qu’aujourd’hui, fournissait à une part considérable de la population rurale la principale denrée commercialisée.

 

Je n’ai pas apporté de grandes modifications en résumant ce texte de Monsieur Dufraisse, mais je cite textuellement ce morceau d’anthologie :

 

Dans l’ancienne économie, on le sait, c’étaient les malheurs de l’agriculture qui, en réduisant le pouvoir d’achat des masses paysannes, déchaînaient les crises industrielles lesquelles aggravaient encore le sort des ruraux qui travaillaient pour des entrepreneurs comme Hoffmann.

 

En réalité Monsieur Dufraisse, visiblement conditionné par la vision marxiste de l’économie qui régnait dans les milieux universitaires, semble ne pas avoir mesuré l’importance de la guerre d’Amérique (1775 à 1783) dans le déclenchement de la crise financière de 1778. On peut noter que les mêmes causes pouvant produire les mêmes effets, la seconde guerre d’Irak (400 milliards de dollars par an !) a déclenché la crise financière de 2008 aux États-Unis. Monsieur Dufraisse s’appuie sur les thèses d’un professeur de la Sorbonne !

 

Dans ces conditions, la déconfiture de Hoffmann nous paraît dépasser singulièrement l’histoire du personnage et celle de son entreprise. C’est pourquoi nous en décrirons rapidement les étapes avant d’en tenter une explication.

 

Le 14 mars 1779 on apprend que le « sieur Bouchotte a détourné en deniers du Roy des caisses de M. de Chastel une somme de 534.41l livres et les a placés à intérêt dans le commerce du sieur Hoffmann connu sous la raison de Hoffmann et Cie ». Il avait dû le faire sans discernement et c’est pourquoi il fut arrêté par ordre de Chastel. Encore que Bouchotte ait protesté de son innocence, on prétendit que l’argent placé dans l’affaire avait été volé au Roi et l’entreprise fut saisie par ordre de l’Intendant. Weiss, Revel et Neltner, les trois associés d’Hoffmann proposèrent alors la dissolution de la Société. Hoffmann voulait persévérer. Grâce au baron de Dietrich un arbitrage intervint.

 

cour du bailli HoffmannLe 14 juin 1779, une nouvelle société est formée. Hoffmann reprend les terres au prix fixé par l’inventaire de 1774 compte tenu des améliorations apportées et, aux mêmes conditions, les cens et la maison paternelle de Haguenau. Les usines sont affectées au commerce jusqu’à l’expiration de la société.

                                             

Peu de temps après, le 1er avril 1781, toute la masse des affaires d’Hoffmann fut saisie. La nouvelle société continua, semble-t-il, à fonctionner jusqu’en 1783.

 

Hoffmann avait pourtant remboursé une fraction importante de l’ensemble des dettes : 662.411 l. au 1er avril 1781. Il prétendait n’avoir plus à payer avec les intérêts que 364.725 l.

 

De longues discussions s’élevèrent alors entre Hoffmann et ses créanciers, chacun avançant des chiffres pour prouver la malhonnêteté de l’adversaire.

 

Comment expliquer l’engloutissement de pareille fortune ? et surtout comment l’expliqua-t-on à l’époque ? Les raisons qui en furent alors données diffèrent, on s’en doute, selon leur auteur. Pour les adversaires du bailli, lui seul en est responsable. Certes, son honnêteté n’est jamais mise en doute, mais on lui reproche ses dépenses « fastueuses » sans bien distinguer entre celles qui pouvaient être utiles à son entreprise et les autres. Sa charge de bailli de Benfeld lui rapportait bien 6.000 livres par an, mais elle l’entraînait à vivre dans l’opulence et l’obligeait à entretenir une domesticité nombreuse : « Nouveau Lucullus, il avait une table des plus délicates de la province, son épouse le disputait en luxe et en élégance aux plus grandes dames de Strasbourg ». On lui reprocha, en outre, d’avoir donné trop de fêtes somptueuses, d’avoir géré son commerce « en millionnaire », d’avoir employé sept commis au lieu d’un seul dans ses deux comptoirs de Haguenau et de Strasbourg. Bref on lui fit grief d’avoir vu trop grand : «Toutefois, Hoffmann convenait lui-même que la structure de son entreprise n’était pas parfaitement adaptée aux exigences économiques de l’époque. Les explications qu’il donne de ce phénomène sont susceptibles d’apporter de très intéressantes précisions sur les difficultés de l’économie alsacienne et de l’économie française à la veille de la Révolution.

 

Avant tout, le bailli se plaint d’avoir manqué de capitaux et il en souffrit d’autant plus que la constitution même de son entreprise l’obligeait en quelque sorte à tripler ses mises de fonds. « Ici nous sommes cultivateurs, fabricants, négociants et spéculateurs en même temps ... mais cet avantage nous coûte cher parce qu’il nous faut avoir trois capitaux, l’un comme cultivateurs, l’autre comme fabricants et enfin le troisième comme négociants ou spéculateurs ».

 

On objectera qu’il aurait pu, par exemple, placer dans la spéculation, le capital qu’il avait dans la culture, à quoi il répondait que le plus fort de sa fortune étant en fonds de terres, le produit qu’il en aurait retiré en les vendant aurait dû être versé à ses créanciers hypothécaires ; solution aussi peu intéressante que possible, car le gain qu’il retirait de la culture était supérieur à l’intérêt des hypothèques. La nature même de son commerce l’obligeait à payer au comptant toutes les marchandises qu’il achetait ; par contre, il était souvent obligé de faire crédit à ses clients .

 

Si ces difficultés à se procurer des capitaux semblent bien liées à la structure de l’économie alsacienne du XVIIIe siècle, leur aggravation à partir de 1778 soulève d’autres problèmes.

 

Comment ne pas être frappé par une similitude de dates : 1778 début du déclin de l’entreprise Hoffmann, 1778 début de la crise qui va ébranler toute l’économie française à la veille de la Révolution.

 

En 1780, le frère du bailli, Georges Louis, Stettmeister de Haguenau, avait demandé pour son propre commerce garance, une subvention au Ministère des Finances dont Necker était alors le titulaire. Elle lui fut refusée sous le prétexte que « les révolutions survenues depuis deux ans dans les finances et le commerce avaient fait resserrer les bourses ».

 

Le bailli n’a pas pu, non plus, trouver à emprunter sur les places d’Amsterdam et de Genève, en raison « des prêts considérables que la Hollande a faits à l’Angleterre à 8 % et la Suisse à la France »

 

Pourquoi ? pour financer la guerre contre l’Angleterre, mais les historiens marxistes ne veulent que des causes sociales !

 

Hoffmann avait pourtant exprimé cette réalité en incriminant « la durée de la guerre qui a fait sortir les fonds de la capitale et en a fait passer beaucoup de numéraires de France en Amérique et dans le Nord ». Il était sorti, de France de grandes quantités de numéraire en raison de la guerre d’Amérique et de la nécessité, dans laquelle s’était trouvée la Cour, de soutenir financièrement ses nouveaux alliés et « d’acheter » la neutralité bienveillante de la Suède et du Danemark.

 

Conséquence de la rareté du numéraire, Bouchotte ne voulait plus prêter qu’à 31 %. « Cet homme là n’a pas de procès », constatera le bailli.

 

Il alla se fixer à Paris vers 1780 et fonda une imprimerie utilisant son invention de la polytypie. Il inventa ce procédé en 1760. Joseph Hoffmann avait trouvé un moyen original de reproduire les dessins, un grand nombre de fois, « au moyen d’une composition particulière étendue sur une planche de métal ». Il baptisa, lui-même, ce procédé du nom de polytypage, procédé précurseur de l’offset actuel. Il publia ses recherches en 1776, mais alors le gouvernement ne le soutint pas. À partir de 1784 il pratiqua aussi le polytypage de l’écriture « dans l’intention de multiplier des éditions d’ouvrages imitant parfaitement les manuscrits ». Le 5 décembre 1785, il obtint pour lui et son fils un brevet d’invention et de privilège. Ce procédé consiste à réaliser une matrice en métal fusible à basse température dans un moule obtenu avec une image gravée ou avec chaque ligne du texte, préparée par le composition typographique classique. Il ne fallait ainsi qu’un nombre limité de caractères. Une lettre adressée en 1790 par Joseph Hoffmann aux anciens magistrats d’Haguenau, apporte des précisions : « Sous la foi d’un arrêt de Sa Majesté et sous les yeux même du Monarque, j’ai formé dans la capitale du royaume un nouvel établissement ; j’y ai porté un art nouveau et son succès a été tel que toutes mes pertes allaient être réparées par ma seule industrie, lorsque j’ai été accablé par les derniers actes du despotisme. Un ordre ministériel du Garde des sceaux a détruit en peu d’heures un établissement qui m’avait coûté six années de soins et 200.000 livres de dépenses. L’arrêt du conseil et le nom du Prince n’ont pu me garantir contre le pouvoir d’un ministre qui a cru qu’il était de son intérêt de m’anéantir ». En réalité, Joseph Hoffmann publia, à partir de 1786, un journal très économique, imprimé avec son procédé, mais il eut l’imprudence de s’en pendre à de hautes personnalités. Il céda son brevet en 1792 et retourna à Strasbourg où il mourut l’année suivante.

 

Le polytypage allait connaître une prodigieuse fortune. On devait s’en servir pour imprimer les lettres de change, les billets d’escompte. Suprême consécration, des gens aussi mauvais financiers que le fut Joseph Hoffmann, ont utilisé son invention pour l’édition des assignats et des mandats territoriaux.

 


UN AUTRE ECHEC: CELUI DE HOFFMANN LE STETTMEISTER.

 

Ancien hôtel du Commandant de la place, Haguenau Le troisième fils de Hoffmann le jeune, Georges Louis Stanislas, dit le Stettmeister, apparaît incontestablement comme un personnage de moindre envergure que son frère le bailli. Après la dissolution de la société qu’il partageait avec son frère, il se lança de son côté dans la fabrication et la vente de la teinture de garance et dans le commerce du vin.

 

 

 

L’hôtel de Georges Louis Stanislas Hoffmann dit le Stettmeister à Haguenau

 

Comme son frère, le Stettmeister avait eu de gros besoins d’argent et il en avait emprunté de divers côtés. La liste de ses créanciers ne comporte aucun banquier, mais des nobles comme la Princesse de Nassau-Sarrebrück, le baron de Gayling, colonel des gardes à cheval, le duc des Deux-Ponts ; des officiers comme le sieur Maréchal procureur du Roi. La ville de Haguenau, représentée par son Magistrat, lui avance 50.000 livres.

 

Vers 1780, il rencontra les mêmes difficultés que son frère, il souffrit de la raréfaction du crédit. Il s’adressa alors au Contrôleur général des Finances Necker que l’on voit à gauche, pour obtenir un prêt de 300.000 livres. En vain.

 

En 1782, il fut déclaré en faillite. Un inventaire dressé le 7 février à la demande de ses adversaires estimait alors sa fortune à 557.053 l.

 

Le 24 avril 1782, il constitua un syndicat avec ses principaux créanciers. Il s’engageait à les rembourser à l’aide des bénéfices du commerce de la garance, ce qui laisse entendre que celui-ci ne lui fut pas enlevé. Le 10 septembre 1782, il adressa une requête au conseil du Roi pour obtenir un délai d’une année sur le paiement des sommes dues aux créanciers n’ayant pas consenti à l’engagement du syndicat. Dans cette demande, Hoffmann insistait sur le fait que ses dettes avaient été contractées pour la culture de la garance. Le délai demandé fut accordé. L’affaire n’en fut pas moins liquidée peu après.

 

Louis Hoffmann alla s’installer, dès lors, définitivement à Paris. Il est d’ailleurs assez difficile de savoir ce que furent ses activités. Il est signalé comme exerçant la profession de négociant, rue des Saints Pères. De 1783 à 1790, c’est le black-out complet. Il déposa en 1790 un projet tendant à l’établissement de garancières dans différentes parties de la France. Ce projet fut approuvé, mais l’année suivante, l’Assemblée Législative refusa une avance de 300.000 livres qu’Hoffmann lui demandait pour le réaliser. Néanmoins il se mit à cultiver des terres louées dans la proche banlieue et installa dans un ancien couvent de la Villette, des séchoirs et un dépôt de graines et de racines. Sur 3 arpents qu’il cultivait à la Chapelle, un seulement était planté en garance, non par négligence, mais faute d’argent. En l’an II, alors qu’il était installé au numéro 1043 du boulevard Montmartre, il loua le double de terres. La consommation de la garance augmentait. Qu’advint-il de Louis Hoffmann après l’an IX ? Il mourut le 29 Germinal an XIV. Le 22 brumaire an XIV, sur le rapport de Chaptal, ministre de l’Intérieur, dont on voit un portrait à droite, Napoléon attribua à la veuve de l’ancien Stettmeister, une pension annuelle de 300 francs « en témoignage des services que feu son mari et sa famille ont rendus à l’État, par la culture de la garance dans le département du Bas-Rhin et autres endroits de l’Empire ».

 

 


Généalogie des HOFFMANN

 

Les dates en italiques ne sont pas établies. Seules les personnes nées avant 1930 et décédées sont mentionnées.

Les renvois font référence aux explications en annexe.

 

 

Les descendants de David Hoffmann comptent un maréchal d’empire, plusieurs généraux et de nombreux officiers, dont 15 au moins morts pour la France. Une quinzaine entrèrent dans les ordres. L’un d’eux fut membre de l’Académie Française, un autre ministre et plusieurs maires. Il y a plusieurs polytechniciens.

 

 

 

 

 

 

Jacob HOFFMANN (v 1515 † 1573)

                                               Ep1 v 1540                             Ep2   vers 1542

                                     Clara HALBERGER (v 1520 † vers 1540)    Clara BAUER  sdc

 

 

 


                                   David HOFFMANN (1541 † 1606) (1)

                                                 von Schwäbisch Hall                      

                                        Ep. v 1575 Anna-Maria DÖLDI

 

 

 


Hans Thomas HOFFMANN ( 1576 1630)   (2)   Marie Jacobe HOFFMANN (1581†1668)     NN v.                                                                                    ép. Jean KÜFFER (1574†1648)             ep.REGENZER

                                                                                                                                      1 fils jésuite

 

 

Hans Friedrich HOFFMANN ( 1610†1670 )   (3)      Jean von KÜFFER (1614 †1674)

Ep. v 1635                                                                             ep. Anna-Maria EYSELIN (  †1677)

 

 


Hans Joachim HOFFMANN  (1640 † v 1710)  (4)    4 fils (1 chanoine à Strasbourg

Ep. en 1670                                                                           3 officiers et 2 filles) le nom a disparu. 

Marie Eve FRANTZ   (5)       

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


   Marie Véronique HOFFMANN (1672†1722)

   Ep. (1691) Jean Christophe KELLERMANN (1656†1708)  11 enfants dont 2 seulement ont eu des enfants

   |      François Christophe KELLERMANN

   |      Ep2.. 1733 Anne Marie DÜRR

   |      |      Jean Christophe KELLERMANN

   |      |      François KELLERMANN Duc de VALMY * Maréchal (1735†1820)

   |      |      Ep. Marie Anne BARBE DE MARBOIS (1744†1812)

   |      |      |      François Etienne KELLERMANN * Général (1770†1835)

   |      |      |      Ep. Thérèse GAUDI (1765†1844) dont Félix (1799†1799), Hippolyte sa et

   |      |      |      |      Edmond KELLERMANN (1802†1868)

   |      |      |      |      Ep. (1840) Sophie MUGUET de VARANGE (1802†1892)

          ||     |      |      |      Henriette KELLERMANN (1841†1920)

   |      |      |      |      |      Ep. (1859) Marino CARACCIOLO GINNETI prince di AVELLINO

   |      |      |      |      |      |      Francesco CARACCIOLO GINNETI (5 filles)

   |      |      Margueritte KELLERMANN (1773 † 1850

   |      |      Ep. François de CHAUSSEGROS baron de LERY  dont 1 fils Gustave sd

   |      Philippe Hermann KELLERMANN (1742†1784)

   |      Ep. 1781 Marie Françoise THIBAULT DE PENANRUN sd

   |      Marie Elisabeth KELLERMANN (†1763)

   |      Ep. Roch REINER 4 enfants  dont Joseph Ferdinand 10 enfants

   Jean Joseph HOFFMANN (1676†1749)   (6)

   Ep. 1  (1698) Ann Catherine REEB († 1732)

   |      Jean George Joseph HOFFMANN le Bailli  (1700†1769)       (7)

   |      Ep. (1726) Anne Françoise LANGHANS (   †1780)   

   |      |      François Joseph Ignace HOFFMANN (1730†1793)  (8)

   |      |      Ep Catherine FRISHELT

   |      |      |      Jean François Romain HOFFMANN (1763†1800)    (9)

   |      |      |      Ep. (1793) Henriette SOMMERVOGEL (1770†1857)         

   |      |      |      |      Josephine HOFFMANN (1795† 1851)

   |      |      |      |      Ep. 1816 Joseph REVEL * (1786†1820) (10)

   |      |      |      |      |      Henri REVEL (1817†1817)

   |      |      |      |      |      Léonce REVEL (1818†1878)            (11)

   |      |      |      |      |      Ep. (1845) Isaure RENCKER (1824†1876) (12)

   |      |      |      |      |      |      Marie REVEL (1849†1920)

   |      |      |      |      |      |      Ep. (1872) Lucien ROBERT * (1839†1923)        (13)

   |      |      |      |      |      |      |      Jean ROBERT * cg (1873†1945)

   |      |      |      |      |      |      |      Ep 1904 Suzanne NICOLAS  (1877†1948)sd

   |      |      |      |      |      |      |      Paul ROBERT * cg (1875†1964)

   |      |      |      |      |      |      |      Ep. Marie NICOLAS (1883†1953)

   |      |      |      |      |      |      |      |      Catherine ROBERT (1907†1918) sa

   |      |      |      |      |      |      |      |      Françoise ROBERT (1908†1995) sa

   |      |      |      |      |      |      |      |      Germaine ROBERT (1911) sd

   |      |      |      |      |      |      |      |      Marie Madeleine ROBERT (1914†) er

   |      |      |      |      |      |      |      |      Henri ROBERT (1917†1994)

   |      |      |      |      |      |      |      |      Ep. Renée BOYER-GIBAUD (1921†)

   |      |      |      |      |      |      |      |      | 6 enfants

   |      |      |      |      |      |      |      Anne ROBERT (1876 † 1968)

   |      |      |      |      |      |      |      Ep. Joseph NAU

   |      |      |      |      |      |      |      |      | 2 fils er  1 sd

   |      |      |      |      |      |      |      Marthe ROBERT (1876†1939)

   |      |      |      |      |      |      |      Ep. Raymond JOESSEL (1871†1937)

   |      |      |      |      |      |      |      |      Andrée JOESSEL (1901†1976)

   |      |      |      |      |      |      |      |      Ep. 1929 Bernard TOUVET * (1896†1965)

   |      |      |      |      |      |      |      |      | 2 fils

   |      |      |      |      |      |      |      |      Pierre JOESSEL (1903†1977)

   |      |      |      |      |      |      |      |      Ep Yvonne FRANCOIS ST MAUR (1907†)

   |      |      |      |      |      |      |      |      | 6 enfants

   |      |      |      |      |      |      |      |      Yves JOESSEL (1905†)

   |      |      |      |      |      |      |      |      Ep. 1933 Agnès ALLARD (1909†1987)

   |      |      |      |      |      |      |      |      | 6 enfants

   |      |      |      |      |      |      |      |      Daniel JOESSEL er * cg mpf (1908†1940)

   |      |      |      |      |      |      |      François ROBERT mpf * cg  (1879†1914)

   |      |      |      |      |      |      |      Ep Germaine NICOLAS (1886†1910)

   |      |      |      |      |      |      |      |      Marie Josèphe ROBERT (1910†1968)

   |      |      |      |      |      |      |      |      Ep. Pierre GALL (1901†1967)

   |      |      |      |      |      |      |      |      | 7 enfants

   |      |      |      |      |      |      |      André ROBERT sa

   |      |      |      |      |      |      |      Germaine ROBERT (†1943) sd

   |      |      |      |      |      |      Marguerite REVEL (1850†1914)

   |      |      |      |      |      |      Ep. (1870) Alexandre SÜTTERLIN * (1835†1893)

   |      |      |      |      |      |      |      Léonce SÜTTERLIN (1871†1899)sa

   |      |      |      |      |      |      |      Henry SÜTTERLIN (1873†1942) EP général * cg

   |      |      |      |      |      |      |      Ep.Margueritte LORIDAN (1881†1969)

   |      |      |      |      |      |      |      |      Anne Marie SÜTTERLIN (1905†2004)

   |      |      |      |      |      |      |      |      Ep Tony HURSTEL (1896†1994)

   |      |      |      |      |      |      |      |      | 6 enfants

   |      |      |      |      |      |      |      |      Edith SÜTTERLIN (1908† )

   |      |      |      |      |      |      |      |      Ep  André PARTIOT (1902†1977)

   |      |      |      |      |      |      |      |      | 3 enfants

   |      |      |      |      |      |      |      Pierre SÜTTERLIN (1875†1960) Colonel * cg

   |      |      |      |      |      |      |      Ep. Blanche BERARD (1885†1920)

   |      |      |      |      |      |      |      |      Raymond SÜTTERLIN EP IGA *(1906†1984)

   |      |      |      |      |      |      |      |      Ep. Isabelle de GALBERT (1913†1994)

   |      |      |      |      |      |      |      |      | 7 enfants

   |      |      |      |      |      |      |      |      Odile SÜTTERLIN (1917†1977)

   |      |      |      |      |      |      |      |      Ep Paul JAMES (1917†1978)

   |      |      |      |      |      |      |      |      | 4 enfants

   |      |      |      |      |      |      |      |      Nicole SÜTTERLIN (1919†1993)

   |      |      |      |      |      |      |      |      Ep Bernard de THY ( †2000)

   |      |      |      |      |      |      |      |      | 3 enfants

   |      |      |      |      |      |      |      Paul SÜTTERLIN (1978)1935 sa

   |      |      |      |      |      |      |      Marie SÜTTERLIN (1881†1962) sa

   |      |      |      |      |      |      |      René SÜTTERLIN (1883†1943) sd

   |      |      |      |      |      |      Thérèse REVEL (1851†1950)

   |      |      |      |      |      |      Ep. (1875) Gabriel GRESLOU (1846†1913)       (14)

   |      |      |      |      |      |      |      Louis GRESLOU mpf * cg (1876†1914)

   |      |      |      |      |      |      |      Ep. (1907) Elisabeth ALLARD

   |      |      |      |      |      |      |      |      Michel GRESLOU (1910†1978)

   |      |      |      |      |      |      |      |      Ep. Henriette LESTIEN

   |      |      |      |      |      |      |      |      | 2 enfants

   |      |      |      |      |      |      |      |      Marie GRESLOU (1913†)  sa

   |      |      |      |      |      |      |      Geneviève GRESLOU (1878†1978)

   |      |      |      |      |      |      |      Ep Henri MORLIERE mpf * cg (†1915)

   |      |      |      |      |      |      |      |      Gabrielle MORLIERE (1904†1988)

   |      |      |      |      |      |      |      |      Ep. (1904) Raoul de BODINA (1901†1982) 1e

   |      |      |      |      |      |      |      |      Louis MORLIERE (1905†)

   |      |      |      |      |      |      |      |      Ep N  4 enfants

   |      |      |      |      |      |      |      |      Marguerite MORLIERE (1907†1995)

   |      |      |      |      |      |      |      |      Ep (1931) Henri DEJEAN (†1970)

   |      |      |      |      |      |      |      |      | 5 enfants

   |      |      |      |      |      |      |      |      Jacques MORLIERE (1909†  )

   |      |      |      |      |      |      |      |      Ep. (1931) N   3 enfants

   |      |      |      |      |      |      |      |      Alice MORLIERE (1911†)

   |      |      |      |      |      |      |      |      Ep ( 1938) ORSONI   3 enfants

   |      |      |      |      |      |      |      Henri GRESLOU * cg  (1889†1976)

   |      |      |      |      |      |      |      Ep Madeleine CALMET DAAGE (1892†1943)

   |      |      |      |      |      |      |      |      Louis GRESLOU (1921†  )

   |      |      |      |      |      |      |      |      Ep. FRACHON ou FRANCHEN 5 enfants

   |      |      |      |      |      |      Gabrielle REVEL (1853†1947)

   |      |      |      |      |      |      Ep. Paul PIEBOURG * (1846†1900)     (15)

   |      |      |      |      |      |      |      Jacques PIEBOURG mpf * cg (1879†1918)

   |      |      |      |      |      |      |      ép. Louise LORETTE (1882†1974)

   |      |      |      |      |      |      |      |      Yvonne PIEBOURG (1908†1978)er

   |      |      |      |      |      |      |      |      Marie Thérèse PIEBOURG (1911†1995)sa

   |      |      |      |      |      |      |      Michel PIEBOURG mpf * cg (1881†1916)

   |      |      |      |      |      |      |      Ep. DUREAUT (1888†1975)

   |      |      |      |      |      |      |      |      Paul PIEBOURG ep O. DESCHAMPS 2 enfant adop

   |      |      |      |      |      |      |      |      Suzanne PIEBOURG ep DUFFET dont GALLARD

   |      |      |      |      |      |      |      Thérèse PIEBOURG * Ep NN mpf * cg sd

   |      |      |      |      |      |      |      Jean PIEBOURG mpf * cg sa  (1883†1914)

   |      |      |      |      |      |      |      Marthe PIEBOURG * Ep NN mpf * cg sd (1886†1950)

   |      |      |      |      |      |      |      Mercédès PIEBOURG sa (1891†)

   |      |      |      |      |             Marthe REVEL (1854†1946)

   |      |      |      |      |             Ep. (1880) Alphonse HERGOTT * (1849†1927)  (16)

   |      |      |      |      |      |      |      Marie HERGOTT sa (1881†1911)

   |      |      |      |      |      |      |      Jeanne HERGOTT * cg (1891†  )

   |      |      |      |      |      |      |      Ep. Paul GRIMAULT   * cg sd (1888†1965)

   |      |      |      |      Philippine HOFFMANN (     )

   |      |      |      |      Ep.Antoine DURRIEU * (  †1845)                      

|   |      |      |      |      Henri DURRIEU * (1822†1890)

   |      |      |      |      |      Ep. Gabrielle LACAVE-LAPLAGNE (1829†1891)

   |      |      |      |      |      |      Tony DURRIEU sa (1847†1861)

   |      |      |      |      |      |      Paul Comte DURRIEU * (1855†1925)   (17)

   |      |      |      |      |      |      Ep. Françoise DUCHAUSSOY (1869†1949)

   |      |      |      |      |      |      |      Jean DURRIEU sd (1901†)

   |      |      |      |      |      |      |      Henry DURRIEU sa

   |      |      |      |      |      |      |      Gabrielle DURRIEU (1895†1957)

   |      |      |      |      |      |      |      Ep. Paul de CHARNACE * cg  8 enfants

   |      |      |      |      |      |      |      François DURRIEU

   |      |      |      |      |      |      |      Ep plusieurs enfants

          |      |      |      |      |      Marie DURRIEU sa ()1862†1942

   |      |      |      |      Henriette HOFFMANN

   |      |      |      |      Ep   Paul TORTEL *        (18)

   |      |      |      |      |      Pauline TORTEL

   |      |      |      |      |      Ep. Auguste GRAEFF *        (19)

   |      |      |      |      |      |      Paul GRAEFF

   |      |      |      |      |      |      Ep Louise FARGE nb enfants

   |      |      |      |      |      |      Henriette GRAEFF

   |      |      |      |      |      |      Ep. Paul du BOYS (1849†1924)

   |      |      |      |      |      Ernest TORTEL mpf à Magenta 1860

   |      |      |      |      |      Louise TORTEL

   |      |      |      |      |      Ep. Ferdinand LARIVIERE

   |      |      |      |      |      |      Georges LARIVIERE * cg

   |      |      |      |      |      |      Ep. Lucie d’ARBAUMONT (3 enfants)

   |      |      |      |      |      |      Marie LARIVIERE

   |      |      |      |      |      |      Ep. Georges PERCHAIS (1 fille)

   |      |      |      |      |      |      Fernand LARIVIERE

   |      |      |      |      |      |      Ep. Jeanne FROMENT (8 enfants) dont

   |      |      |      |      |      |      |      Yvonne LARIVIERE (1894†1977)

   |      |      |      |      |      |      |      Ep. René TROCHON de LORIERE  (1893†1969) (5 enfants)

   |      |      |      |      Louise HOFFMANN (1801†1869)

   |      |      |      |      Ep. Michel SAGLIO (1789†1878)           (20)

   |      |      |      |      |      Joséphine SAGLIO (1822†1885)

   |      |      |      |      |      Ep. Achille baron CHARPENTIER    (21)

   |      |      |      |      |      |      Marie CHARPENTIER (1844†1928)

   |      |      |      |      |      |      Ep.Félix BASTIEN (1835†1914)

   |      |      |      |      |      |      |      Louise BASTIEN sa

   |      |      |      |      |      |      |      Marie Paule BASTIEN (1872† )

   |      |      |      |      |      |      |      Ep.Adam CHAGUE (2enfants)

   |      |      |      |      |      |      |      dont Yvonne ép. Jean Chavanne

   |      |      |      |      |      |      Florent CHARPENTIER

   |      |      |      |      |      |      Ep. N (7 enfants)

   |      |      |      |      |      |      Achille CHARPENTIER sa

   |      |      |      |      |      Marie SAGLIO (1828†1904)

   |      |      |      |      |      Ep. Eugène BATISTON (1867†1897)

   |      |      |      |      |      |      Hélène BATISTON sa

   |      |      |      |      |      |      Albert BATISTON sa

   |      |      |      |      |      |      Eugène BATISTON (1849†1928)

   |      |      |      |      |      |      Ep. Marguerite de SURY d’APPREMONT (1854†1928) 1 fils sa

   |      |      |      |      |      Berthe SAGLIO

   |      |      |      |      |      Ep. Charles PROST            (22)

   |      |      |      |      |      |      Emilie PROST (1854†1928)

   |      |      |      |      |      |      Ep.   TISSIER (1846†1879)

   |      |      |      |      |      |      |      Georges TISSIER (1877†1941)

   |      |      |      |      |      |      |      Jean TISSIER (1879†  )

   |      |      |      |      |      |      Marie PROST (1858†1940)

   |      |      |      |      |      |      Ep. François RICHE (  †1921)

   |      |      |      |      |      |      |      Marie RICHE er  (1882†  )

   |      |      |      |      |      |      |      Delphine RICHE  (1883†  )

   |      |      |      |      |      |      |      Michel RICHE

   |      |      |      |      |      |      |      Madeleine RICHE er (1886†  )

          |      |      |      |      |      |      Paul RICHE (1887†) d’où HANNOYER

   |      |      |      |      |      |      |      Thérèse RICHE (1888†1923) sd

   |      |      |      |      |      |      |      Pierre RICHE mpf (1889†1915 )

   |      |      |      |      |      |      |      Jeanne RICHE er (1892†  )

   |      |      |      |      |      |      Berthe PROST (1859†1944) sa

   |      |      |      Jean Henri Antoine HOFFMANN   ER

   |      |      Georges Louis Stanislas HOFFMANN (1736† 1804) Stettmeister de Haguenau    

   |      |      ép.   Jeanne Catherine KNEPPFLER (1745†1826)

   |      |      |      François Louis Mathias HOFFMANN (1775†  )

   |      |      |      ép  Françoise Eulalie RAFFART de MARCILLY (1772†  )

   |      |      |      |      Amédée  sd

   |      |      |      |      Adolphe Antoine HOFFMANN (1798†1838)

   |      |      |      |      ép. Céleste Honorine joséphine de SARRANTON (1802†1864)

   |      |      |      |      |      Cécile Louise Batilde HOFFMANN  (†1902)

   |      |      |      |      |      ép. Ferdinand LEMAIRE

   |      |      |      |      |      |      Lucie LEMAIRE  er

   |      |      |      |      |      |      Emilie LEMAIRE (1859†1916)

   |      |      |      |      |      |      ép. Paul LE BOBINNEC (1847†1925)

   |      |      |      |      |      |      |      Jean LE BOBINNEC sd

   |      |      |      |      |      |      |      Fernande LE BOBINNEC sd

   |      |      |      |      |      |      |      Geneviève LE BOBINNEC

   |      |      |      |      |      |      |      ép. Louis HARCOUET de KERAVEL (8 enfants)

   |      |      |      |      |      |      |      Guy LE BOBINNEC

   |      |      |      |      |      |      |      ép. 1917 Madeleine GIRARD

   |      |      |      |      |      |      |      |      Alain LE BOBINNEC (  †1959)

   |      |      |      |      |      |      |      Lucie LE BOBINNEC (1888†  )

   |      |      |      |      |      |      |      ép. H. COUDON

   |      |      |      |      |      |      |      |      Josiane COUDON di

   |      |      |      |      |      |      |      Pierre LE BOBINNEC sd (1890†1914)

   |      |      |      |      |      |      |      Gaston LE BOBINNEC (1892†1941)

   |      |      |      |      |      |      |      ép. Alix de RAYSER

   |      |      |      |      |      |      |      |      Jacqueline LE BOBINNEC di

   |      |      |      |      |      |      |      |      Jean-Pierre LE BOBINNEC di

   |      |      |      |      |      |      |      Fernande LE BOBINEC (1894†   )

   |      |      |      |      |      |      |      ép. Henry AZNAR 2 filles di

   |      |      |      |      |      N HOFFMANN

   |      |      |      |      Alphonse HOFFMANN (1803†1865) sa

   |      |      |      |      Achille HOFFMANN (1804†1879 )

   |      |      |      |      ép.1  Catherine SAVARY des BRULONS (1811†1832)

   |      |      |      |      |      Anatole HOFFMANN (1831†1858) sd

   |      |      |      |      |      Marie Clara HOFFMANN ép. Henri ASTIER  10 enfants dont

   |      |      |      |      |      |      N ép. H. FOURNIER di

   |      |      |      |      ép.2  Coralie SAINT SAËNS

   |      |      |      |      |      Amélie HOFFMANN ép. M. MANIERE di

   |      |      |      |      |      Gaston HOFFMANN (  †1906) sd

   |      |      |      |      Armande HOFFMANN (1806†   )  di

   |      |      |      |      Antoinette Aspasie HOFFMANN (1807†  ) di

   |      |      |      |      Amélie Claire HOFFMANN (1811†   )

   |      |      |      François Antoine HOFFMANN (1781†   ) di

   |      Jean Michel Marie HOFFMANN er (curé de St Georges)        (23)

   |      Madeleine HOFFMANN (1718† 1778)

   |      Ep. 1745 Charles Antoine DUBOSQ-BOUVAL  dont postérité

   |        |    Catherine HOFFMANN

   |        |    Ep. 1729 Jean Jacques GOMBEAULT di

    Ep. 2  (1732) Marie Ursule WITTBRUCH (1702†1756)

    |       Jean,Georges HOFFMANN (1734† 1741)

    |       Catherine Ursule HOFFMANN  (1736† ap 1772) sa

    |       Anne Françoise HOFFMANN  (1736 † ap 1772) sa

    |       Marie Anne HOFFMANN  †1737

    |       Jean Nicolas HOFFMANN  †1739

 

 

NOTA  HOFFMANN

 

1 - Secrétaire d’état de Bade-Bade, membre du conseil de Bade Bade. Grand Echanson de l’Electeur de Bade Philipp II de Bade-Bade. Anobli en 1588 par Rodolphe II et détenteur du fief de Staufenberg (Bade). (Staufenberg est un cru très ancien de vin du Rhin) (ne pas confondre avec la famille du colonel Shenk von Stauffenberg principauté de Sigmaringen). Il est mort en 1606 à ?? dans le Kreis d’Offenburg, où sa pierre tombale subsistait encore en 1747. IL était parmi les plus gros imposables de Franckfort en 1580-82. Le premier acte en Bade qu’il a rédigé  est daté de 1579.

2 - Abbé commendataire de l’abbaye de Schwarzach qu’il tient de son père

3 - Amtskeller ( échanson) d'Ettlingen (Bade), Membre du conseil de Bavière ??

4 - Né à Haguenau, l’Alsace étant encore à l’Empire ; sourd-muet, il guérit de son infirmité vers 1665 et se maria en 1670. Il fit fortune lors de l'incendie de Haguenau en 1677 ; Stettmeister d'Haguenau, directeur des Postes.son commerce était installé dans un immeuble en pierre, et il put ainsi ré-équiper les habitants. (Français en 1648 non assimilé à la noblesse française par invalidité de l’acte impérial portant « duc de Bourgogne » non reconnu par les fonctionnaires de L XIV)

5 - Fille du Stettmeister (maire élu en Alsace) Johann Barthelemy Frantz, par ailleurs le premier marchand de gros en garance de Haguenau. On compte parmi ses descendants la célèbre veuve Frantz, Belle mère de Renaud de Bussière, Banquier sous l'empire

6 - Sénateur au conseil de Haguenau, Echevin, Stettmeister de Haguenau. Repris les commerces de son père (Bois de forge, garance) et développa la culture et le traitement industriel de la garance en Alsace suivant la méthode hollandaise, Mais sur une échelle sans commune mesure.

7 - Son beau-père, Jean Langhans, était receveur du grand chapitre de la Cathédrale de Strasbourg. Cette charge doit être considérée dans le cadre d'une puissante organisation économique tant par l'étendue des terres que par les forges appartenant au chapitre. Jean Langhans fut des XIII en 1760.Prévôt des marchands à Strasbourg, membre des 53 (conseil de Strasbourg) converti au catholicisme avant son mariage

8 - Bailli de Benfeld. Administrateur des biens de l'Archevêché de Strasbourg (en partie en Bade, Satrape en terme juridique) Président du Tribunal de Sélestat. Il développa les industries de son père. Ses dépôts s'étendaient à toute l'Europe occidentale (Cologne et Londres en particulier). Une part importante de sa fortune était investie en terres et immeubles à Haguenau et à Strasbourg en plus de ses nombreuses sècheries de garance. Ayant surmonté la crise de 1769, la crise de 1780 l'obligea à s’associer à MM. Weis et Revel (voir annexe Revel) et Neltner, banquiers, représentant les plus gros actionnaires : le baron de Dietrich et le comte de Lutzelbourg. L'affaire fut mise en liquidation en 1781. Les mauvaises récoltes furent une des causes de ses difficultés ; il faut cependant remarquer que la situation ne fit que s’aggraver jusqu'en 1788. En outre, la culture de la garance dans l'Ardèche à partir de la Restauration ruina totalement la culture Alsacienne. Inventeur de la polytypie qui fut en particulier utilisée pour l'impression des assignats. (l’ex Libris en annexe est à son nom)

9 - Banquier à Strasbourg , épousa Henriette Sommervogel, fille de Jean Maximilien (voir annexe Sommervogel).

10 - Banquier à Strasbourg. Il intervint dans de nombreuses affaires créées par la position de Strasbourg, lors du blocus continental, principalement en liaison avec le commerce des épices provenant des Indes par Londres. On retrouve son nom parmi les actionnaires des affaires achetées ou entreprises par son beau-frère Michel Saglio.

11 - Trésorier Payeur Général (situation sans rapport avec ce qu'elle est devenue aujourd'hui, la pratique des fermes générales n’ayant pas totalement disparue.

11 - Juge au Tribunal de Strasbourg

12 - Fille de Guillaume Rencker, notaire à Colmar

13 - Directeur à la Banque de France

14 - Docteur en Médecine

15 -Colonel d'Artillerie (E.P.)

16 -Professeur à la faculté de Médecine de Nancy

17 - Membre de l'Académie française, son père Henri Durrieu fut  le fondateur et premier Président de la Société de Crédit Industriel et Commercial

18 - Colonel , son fils Ernest fut tué à Magenta

19 - Ministre des Travaux Publics

20 - Maire de Walbourg, député sous la Restauration en même temps que son frère Florent (voir annexe Haas ) à la tête de la troisième fortune d'Alsace derrière Wangen de Geroldseck et Zorn de Bulach, eux aussi députés , devant Humann et Florent Saglio. On trouvait ensuite les Prost. Toutes ces familles étaient catholiques, ce qui réduit à néant cette idée que seuls les protestants savent faire des affaires. Les protestants Turkheim arrivent en septième position, suivi par les Dietrich, à vrai dire durement éprouvés par la Révolution. Humann, les Saglio et les Prost réalisèrent leurs capitaux avant la crise de 1811. Michel Saglio acheta l’abbaye de Walbourg et réinvesti le reste de ses capitaux dans les Forges d'Audincourt. Humann diversifia davantage ses participations et maintint sa fortune jusqu'à sa prise de participation dans la fondation de Decazeville avec les frères Decazes. L'affaire d'Audincourt connue de nombreuses difficultés dont Humann la sortit par une saine gestion, (quoiqu'il n’en fut pas le principal actionnaire )

21 - Ingénieur Général des Mines

20 - Stettmeister de Haguenau , à la tête d'industries du même genre que celles de son frère, il fut mis en liquidation un an plus tard devant les mêmes difficultés. Il est mort à Paris en 1804.

22 - Mises à part les fortunes foncières de l’ancien Régime, les fortunes strasbourgeoises (Humann, Saglio, Prost, Turkheim et Franck ) datent de l'empire et plus précisément du commerce des épices et autres produits des Indes, plus au moins légal en raison du blocus continental. Les amendes pour contrebande revenaient aux directeurs de douanes (famille Magnier) dont la fortune suivaient de peu celle des précédents.

23 - Curé de Saint Georges à Haguenau, fondateur, par donation, de l'orphelinat de cette ville

 

 


Sources

 

 

 

 

Les principales sources utilisées sont les archives des Lands d’Allemagne, essentiellement les Archives de Karlsruhe et de Frankfort, et divers dictionnaires biographiques d’Allemagne et de Bade.

 

 

Tous les documents utilisés se trouvent sur Internet à l’exception de l’article de Monsieur Roger Dufraisse dans les Etudes Haguenoviennes de 1956-57, d’un extrait du livre de l’abbé Burg (BN 3993 8° Z 30405 (4)) et bien sûr d’archives familiales pour les descendants de David Hoffmann

 

 

Ces documents numérisés figurent dans un CD contenant également toutes les autres sources partiellement traduites en français. Ce CD peut être fourni sur justificatif.



 

Table des matières

 

                                                                                                          Page

 

Les problèmes de la généalogie de David Hoffmann                     

Gillis Hoffmann von Eyckelberg (en flamant Hofftman)           

Hans Adam Hoffmann zu Grünbüchel und Strechau               

Les autres Hoffmann des archives                                    

David Hoffmann von Schwäbisch Hall                                       

La ville de Schwäbisch Hall                                                          

David Hoffmann von Schwäbisch Hall (suite)                            

Les charges et titres de David Hoffmann                         

La fortune de David Hoffmann : Staufenberg                            

La fortune de David Hoffmann : Schwarzach                            

La fortune de David Hoffmann                                                    

Le pays de Bade à l’époque de David Hoffmann                        

Les événements de l’époque de David Hoffmann                       

Les Diètes impériales (Reichtag) de Charles Quint                      

Charles Quint et la Réforme                                                          

Charles Quint à Schwäbisch Hall en 1541 et 1547                      

Descendance de Charles Quint                                                     

L’ascendance de David Hoffmann                                               

La descendance directe de David Hoffmann                                

Johann Hoffmann                                                                            

Le gendre : Johann von Küffer                                                        

Les Hoffmann de Haguenau                                                            

Généalogie des Hoffmann                                                               

Sources                                                                                           

 



 

 


Zone de Texte:             Christian Sütterlin

 David Hoffmann   Dans ce court essai, l’auteur tente de reconstituer la généalogie de David Hoffmann dans le cadre du Saint-Empire au XVIe siècle. Après avoir examiné diverses origines possibles, les archives des villes d’Allemagne donnent la véritable origine de ce grand seigneur (clarissimi) et haut fonctionnaire (ornatissimi) de Bade. Sa descendance directe pose également des problèmes dont la solution se trouve également dans les archives répertoriées dans plusieurs ouvrages accessibles sur Internet.














               


      ISBN 9782902425181 
     © Editions d'Assailly, 2012








             hors commerce.

Empire au XVIe siècle.